Parlons non pas d’une, mais de deux expositions croisées sur deux génies de la haute-couture : “Azzedine Alaïa et Christian Dior, deux maîtres de la haute-couture” présentée par la Fondation Azzedine Alaïa jusqu’au 24 Avril 2026 et “La Collection Dior d’Azzedine Alaïa” présentée par la Galerie Dior jusqu’au 3 Mai 2026.
On le sait, Azzedine Alaïa, qui n’a eu de cesse de percer le mystère technique de la robe, était un grand collectionneur de haute-couture. Même au plus mal financièrement, Alaïa a toujours acheté, et en grand amoureux de la mode, a réussi à constituer au fil des années une incroyable collection de plus de vingt mille pièces, qui reflète aujourd’hui l’immense savoir-faire des grands couturiers des XIXème et XXème siècles.
La maison Dior tient, dans cette collection de rêve, une place de choix. Quelques cinq cents pièces de la maison du couturier normand sont aujourd’hui préservées à la Fondation Alaïa et une centaine d’entre elles sont présentées dans le cadre de l’exposition proposée par la Galerie Dior, qu’elles soient nées des mains de Christian Dior lui-même ou de ses successeurs, d’Yves Saint Laurent à John Galliano.

Dior – 1953

Christian Dior – 1951 (modèle de droite)

Christian Dior – 1949 (modèle de gauche)

Christian Dior – 1952

Christian Dior – 1956 (modèle de droite)

Christian Dior – 1955

Christian Dior – 1948

Christian Dior – 1951

Christian Dior – 1952


Christian Dior – 1952
(Les photos ci-dessus ont été prises à la Galerie Dior. Je vais être honnête, j’aurais aimé que le nom de la Fondation Alaïa soit un peu plus mis en avant – je ne l’ai vu quasiment nulle part alors que c’est bien grâce à la Fondation que nous pouvons voir les merveilles exposées. C’est regrettable car Olivier Saillard, le directeur de la Fondation Alaïa, se bat pour faire vivre le double héritage d’Azzedine Alaïa, c’est-à-dire ses créations en tant que telles mais également son travail d’archiviste phénoménal de la haute-couture. Olivier Saillard est un historien de la mode, un poète et un conservateur hors normes à la culture ahurissante et la Fondation Alaïa mériterait, par sa beauté et sa sérénité bien plus de visibilité et de visiteurs. Bref, allons à la Fondation Alaïa, que je trouve bien plus muséale – et achetons d’ailleurs le livre de l’exposition qui est particulièrement beau et instructif. En outre, mettons en avant et soutenons les petites fondations qui n’ont, en aucun cas, les moyens colossaux des grands groupes, comme LVMH).

Christian Dior – 1957

Christian Dior – 1952

Christian Dior – 1956

Christian Dior – 1953


Christian Dior – 1955

Christian Dior – 1951 – Également exposée à la Galerie Dior comme on l’a vu plus haut

Christian Dior Boutique – 1948 – Créée à l’automne 1947, la ligne Boutique adapte certains modèles des collections et préfigure le prêt-à-porter avec l’heure

Christian Dior – 1948

Christian Dior – 1950

Christian Dior – 1957 – Le modèle baptisé Caracas a été joliment porté par Sophia Loren

Christian Dior – Paletot de diner – 1948

Christian Dior – 1957 – Le modèle Venezuela est sans doute l’un des modèles de Christian Dior qui a été le plus réinterprété dans ses ateliers. Alaïa l’admira au point de l’acquérir trois fois, et le modèle trouve un écho dans la robe patineuse emblématique d’Alaïa, en maille jacquard avec une jupe volumineuse et une ceinture-corset
De fait, Paris a droit, à l’hiver 2025-2026 à deux expositions croisées qui évoquent ces deux maîtres de la haute-couture dont les destins se sont brièvement rencontrés.
Le tout jeune Alaïa, en effet, travaille quelques jours chez Dior en 1956, un an avant le décès du maître, en arrivant de Tunis avec à peu près rien. C’est une connaissance de sa famille, Madame Lévy-Despas, qui est cliente chez Christian Dior, qui lui a trouvé un stage dans les ateliers de l’avenue Montaigne et de la rue François Ier.

Alaïa ne restera pas longtemps. La guerre d’Algérie fait rage et la situation est difficile pour les personnes venant d’Afrique du Nord. Alaïa n’a pas de papiers, il est tout simplement renvoyé (la traduction policée est – je cite la littérature proposée à l’occasion de l’exposition des collections Dior d’Alaïa : “Alaïa ne reste que peu de jours dans les ateliers de la rue François Ier. La vie décide parfois autrement des destinées”. C’est joliment dit 😏
Pour autant, le jeune couturier nourrira longtemps une admiration folle pour Dior, dont les robes de cocktail lui ont toujours semblé des merveilles d’architecture. La trentaine de modèles créés par Christian Dior lui-même, collectionnés par Alaïa, dénotent l’influence du père du New Look sur le couturier tunisien.
Alaïa partagera avec Dior le goût pour les tailles marquées, les hanches galbées et les jupes volumineuses. Ces deux architectes de la mode auront chacun mis en avant une féminité glorieuse et épanouie.

Azzedine Alaïa – 2008

Azzedine Alaïa – 1965

Azzedine Alaïa – 2017

Azzedine Alaïa – 1988

Azzedine Alaïa – 2007

Azzedine Alaïa – 2009

Christian Dior – 1954 et Azzedine Alaïa – 2008

Azzedine Alaïa – 2006 et Christian Dior – 1956

Christian Dior – 1956 et Azzedine Alaïa – 1990

Christian Dior Boutique – 1957 et Azzedine Alaïa – 1958
Exposition à la Fondation Alaïa & Exposition at Galerie Dior
Le 20 Mars 2026
