À travers l’exposition “Azzedine Alaïa, couturier collectionneur”, le musée Galliera propose une sélection de 140 pièces exceptionnelles, puisées dans la collection personnelle d’Alaïa qui en compte près de 20.000.
Cette fabuleuse collection reflète l’immense admiration qu’Azzedine Alaïa portait à ses prédécesseurs – de la naissance de la haute-couture à la fin du XIXème siècle jusqu’au début du XXIème siècle. De fait, les pièces exposées incluent des robes de Worth, Charles James, Paul Poiret, Jacques Doucet, Jeanne Lanvin, Lucien Lelong mais également des robes de Thierry Mugler, Yohji Yamamoto, Alexander McQueen ou Vivienne Westwood. Et encore n’est-ce qu’une infime partie des créateurs exposés.
Alaïa débute cette collection en 1968, lorsque Cristobal Balenciaga ferme sa maison. Mademoiselle Renée, sa directrice générale adjointe, invite le jeune couturier de 33 ans, dont la réputation technique est déjà incontestable, à venir choisir librement dans les modèles du maître afin que ses doigts adroits y retaillent d’autres silhouettes. Alaïa n’en fait rien : il préserve religieusement les modèles de Balenciaga, et sans intention spéculative aucune, constitue une collection personnelle prestigieuse, dont il ne fera jamais état et qui ne sera jamais dévoilée de son vivant.
Pendant une cinquantaine d’années, il court, seul le plus souvent, les salles aux enchères pour remporter des trésors qui portent des griffes aussi prestigieuses que Worth, Callot, Fath ou Poiret.
Contrairement à ses confrères qui achètent parfois de la haute-couture ancienne pour y puiser l’inspiration qui leur manque, Alaïa constitue sa collection en amoureux : il comprend parfaitement le besoin de collectionner, documenter et préserver ce patrimoine de tissu.
Passionné d’histoire de la mode, il ne cesse de dépenser pour enrichir sa collection – qu’il ait de l’argent ou non, et peut y consacrer jusqu’à deux millions d’euros par an.
Il n’a que les musées pour concurrents, car les maisons de haute-couture ne sont guère intéressées par leurs propres patrimoines historiques.
Les maîtres que furent Vionnet, Grès et Balenciaga fascinent Alaïa : leur talent de sculpteurs ou d’architectes fait écho à son propre talent technique.
Mais il y a également des pièces créées par des créateurs dont les noms ont aujourd’hui été oubliés : parmi eux, Raphaël, le fils d’un tailleur madrilène dont la maison de couture fut active de 1924 à 1959 ou encore Jenny, active de 1911 à 1940 et aussi connue à l’époque que Coco Chanel.
L’exposition est de toute beauté et fait parfaitement écho à l’exposition consacrée par la Fondation Alaïa au travail du créateur et de Madame Grès.

Cristobal Balenciaga

Adrian

Charles James

Adrian

Adrian

Madame Grès

Madame Grès

Madame Grès

Elsa Schiaparelli

Madeleine Vionnet

Madame Carven

Coco Chanel

Paul Poiret

Jenny

Paquin

Lucien Lelong

Jeanne Lanvin

Robert Piguet

Raphaël

Raphaël

Lenief

Jean Patou

Jacques Fath

Hubert de Givenchy

Alexander McQueen
Azzedine Alaïa couturier collectionneur
Le 5 Janvier 2024
