L’ENVERS DU DÉCOR – LIVRE 18

Sont-ce mes photos retouchées ? Non. Rien de ce que vous voyez ici ou sur Instagram n’est trafiqué. 90% du temps, la photo envoyée par mon photographe est parfaite en terme d’éclairage ou de couleurs et est publiée telle quelle. Les 10% restants, je m’amuse avec les filtres Instagram car ils peuvent donner une ambiance intéressante à la photo ou mieux coller à mon message du jour. Les seules photos retouchées sont celles publiées dans Faust Magazine, et encore le sont-elles légèrement, et encore ne le sont-elles pas toutes, car tel est mon souhait et tel est celui de la directrice de publication qui n’a absolument aucun désir de vendre un rêve inaccessible, bien au contraire.

Certaines des photos publiées dans Faust sont retouchées car des photos destinées à une publication presse en pleine page connaissent des standards différents des standards digitaux.

Et même si les retouches sont légères, je ne me reconnais pas toujours dans ces cas-là. Car je suis habituée à mes rides, mes cernes, ma mauvaise mine hivernale, et la dernière phrase qui vient à mon esprit juste avant la publication d’une photo sur Instagram ou sur mon site est invariablement la même : qu’importe, c’est ça la vie.

Une photo est bonne ou ne l’est pas. Si elle ne l’est pas, elle ne doit pas être pas choisie, point. Mieux vaut trop peu que trop. Et de facto, un nombre considérable de photos est mis au ban, car la bonne photo est plus l’exception que la règle.

Je n’ai absolument pas le temps de m’amuser à trafiquer des photos.

Mes clichés ne sont pas retouchés, tout simplement parce que cela ne serait pas cohérent avec ma démarche qui est certes esthétique, mais qui a par ailleurs grandement soif de véracité et d’authenticité.

Je suis déjà extrêmement consciente du fait qu’une photo est le plus beau des mensonges : question d’angle et de lumière, tout bêtement. D’autant plus que j’ai la chance de pouvoir travailler avec un photographe professionnel qui a donc l’œil photographique et le matériel en conséquence.

Cette volonté est plus professionnelle qu’égotique, tout simplement parce que je traite mon activité digitale de manière aussi sérieuse que mon activité juridique.

La chance, avec une telle démarche, est que les gens qui me croisent dans la vraie vie après m’avoir croisée digitalement, me reconnaissent facilement. Car je me ressemble, et cela est extrêmement important à mes yeux, en terme de cohérence de vie.

Tout ceci pour vous permettre d’apprécier en pleine conscience les photos d’une séance au cours de laquelle j’ai reçu une nouvelle bien bien embêtante sur un dossier d’avocat ; au cours de laquelle ma mine a instantanément changé pour se faire bien moins légère et bien plus chiffonnée ; au cours de laquelle le photographe ne savait plus trop quoi faire avec tout ça.

Bref, vous m’accepterez comme je suis, j’en suis sûre.

Robe Gucci – Escarpins Prada – Pochette Stella McCartney – Boucles d’oreilles Tiffany

A l’hôtel Lancaster – Paris