FLORAISON TARDIVE

Je suis ce que l’on appelle en anglais “a late bloomer” : une femme devenue belle sur le tard.

Je le dis, bizarrement, sans prétention aucune : je ne me trouve certes pas la plus belle – d’ailleurs, je serais bien incapable de nommer la femme que je trouve la plus belle parce que beaucoup de femmes sont belles, dans des styles très différents.

Mais je suis heureuse de l’image que me renvoie le miroir le matin, que ce soit avec les cheveux en pétard et l’œil bouffi de sommeil ou parfaitement maquillée.

Je me trouve belle, tout bêtement parce que j’ai le sentiment d’être dans la justesse. Je suis à ma juste place dans la vie que j’ai choisie, et j’ai à peu près réussi à mettre en cohérence mes opinions, mes valeurs et ma façon de vivre. Je sais qui je suis, je connais mes qualités et mes défauts et j’essaye d’embrasser tout cela pleinement sans camoufler quoi que ce soit sous le tapis, ou sous le masque de l’ego.

Certaines femmes ont la chance de rencontrer une personne à un moment de leur vie, ou de vivre des évènements qui ont pour directe conséquence de positionner ensemble tous les morceaux du puzzle de leur vie, de manière harmonieuse.

Moi, la rencontre s’est faite tardivement. A 35 ans.

Avant cela, j’étais certes une jeune femme (très relativement) jolie, intelligente intellectuellement, mais aussi tellement sotte et égotique. Ma posture dans la vie était souvent “en contre”, sans beaucoup de réelle écoute ou empathie et j’ai blessé bien des personnes.

Butée et bornée, j’étais persuadée d’avoir à peu près tout le temps raison, ce qui a rendu la vie absolument insupportable à quelques amoureux (et à quelques membres de ma famille aussi). Je n’allais pas vraiment au fond des problématiques émotionnelles ou humaines que je pouvais rencontrer, et partant, je prenais souvent des décisions sur la seule base de l’ego.

J’abusais de mes talents – ceux que j’avais et même ceux que je n’avais pas – sur la seule base de l’ego également. Autant vous dire que sous des dehors absolument attrayants, la petite avocate mignonne, intelligente, à fort caractère, gérant ses dossiers internationaux, charmante et charmeuse, se livrait à… un jeu de massacre.

A 43 ans bientôt, je ne suis certes pas une sainte mais au moins ai-je pleinement connaissance de mes défauts, de mes faiblesses, de mes démons. Et de mes forces. J’ai absolument conscience de mes talents, mais au mois ai-je appris à ne plus les sur-utiliser au détriment des autres.

J’essaye d’appréhender chaque situation avec le maximum de recul, sans mettre en jeu mes intérêts, mon confort ou mon ego, et tente de prendre chaque décision à l’aune de la justesse, quand bien même le résultat peut parfois être un peu étonnant aux yeux du quidam.

C’est, je crois, bien plus que le maquillage ou le vêtement, cette harmonie intérieure empreinte de justesse qui rend belle.

 

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Marquis Paris - Fashion Paris 2017

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