NO MAKE-UP

Je suis particulièrement sensible à l’initiative d’Alicia Keys de ne plus porter de maquillage de manière systématique, que ce soit dans sa vie de tous les jours, ou lors de séances-photos ou d’évènements médiatiques.

Entendons-nous bien : lorsque je parle de maquillage ici, je parle de maquillage déjà très substantiel, qui, au-delà des soins ou crèmes de jour ou de nuit, inclut un bataillon de produits : CC crème, blanc, anti-cernes, poudre bonne mine, blush, crayon à sourcils, mascara, fard à paupières, highlighter, eyeliner, et j’en passe.

J’y suis particulièrement sensible, et à plus d’un titre.

A titre personnel, tout d’abord. Madame Mère m’a toujours dit que le meilleur maquillage est celui qui ne se voit pas. Et Madame Mère était aussi assez minimaliste sur le sujet. Partant, cela fait plus de 20 ans que je me borne à appliquer une poudre libre, un crayon à sourcils, un mascara et un baume à lèvres tous les matins.

Les jours de grande forme, je me laisse aller à appliquer un coup de blush.

Les soirs où l’on ne me tient plus, j’ose carrément le fard à paupières.

J’aime beaucoup de rouge à lèvres, mais ayant des petits, et préférant par-dessus tout leur faire des bisous, je m’abstiens assez souvent (avec l’ado chérie, on est plus pudique).

Comme je me prends souvent la tête au cours de la journée (non, rien de dramatique, mais j’ai la mauvaise habitude de régulièrement toucher mon visage lorsque je réfléchis), on peut être sûr qu’il ne reste plus rien de ce semblant de maquillage vers à peu près… 11 heures du matin.

J’aime cette simplicité. En revanche, il est vrai que je tiens à mon coup de crayon sur les sourcils (car cela structure immédiatement le visage) et à mon baume à lèvres (car au-delà du soin, cela donne tout de suite un coup de peps au visage).

Pour le reste, honnêtement, je m’en bats les mollets avec des peaux de banane.

Quelle ne fut donc pas ma surprise lorsque j’ai commencé à faire des photos pour ce blog. Qu’on ne se leurre pas : une photo un tantinet professionnelle nécessite un maquillage bien plus lourd, pour la bonne et simple raison qu’une photo n’est qu’un jeu de lumière. Non-maquillé, le visage est vite plat, sans couleur ni réelle structure.

La première séance-photo ne fut donc pas des plus réussies (puisque j’étais maquillée comme à mon habitude et surtout parce que je me demandais bien ce que je faisais là).

Il a donc fallu foncer chez Chanel et apprendre vite fait à appliquer le blanc, la CC crème, le highlighter sur le haut des pommettes et y aller gaiment sur le mascara et les fards.

Évidemment, vu mon historique maquillage, je vis tout cela avec réticence, car pour moi, cela ressemble à du coloriage.

Ce n’est pas très grave, car je sais que je ne m’adonne au coloriage que pour les besoins des photos.

En revanche, en revanche…

Je suis terriblement sensible à la démarche d’Alicia Keys car j’ai deux filles à la maison.

L’une a trois ans, et on a le temps avant qu’elle ait le droit de mettre quoi que ce soit sur son visage (20 ou 30 ans, on verra selon mon humeur).

L’autre a 17 ans. Et c’est maintenant (j’ai essayé de négocier un moratoire d’une dizaine d’années, et comme le moratoire n’a pas été accepté…) elle se maquille. Pas tous les jours, mais assez régulièrement, et de manière bien plus professionnelle (et longue aussi, Chérie, sors de cette salle de bains…) que moi.

Certains jours, où la forme est moins au rendez-vous que d’autres, elle émet l’idée qu’elle est moins jolie au naturel que maquillée (mais comme je la fusille du regard, elle se reprend toute seule, en disant qu’elle est en fait différente. Oui, je suis une figure parentale très fusillante).

Cette opinion, ce n’est hélas pas la première fois que je l’entends. De la part d’ados ou de femmes plus matures. Des femmes s’excusent même de ne pas être maquillées. Je trouve ça fort dommage.

Ce que j’aime particulièrement dans la démarche d’Alicia Keys est qu’elle nuance le propos. Elle ne dit pas qu’il faut bannir à jamais le maquillage, elle dit simplement que le maquillage n’est pas obligatoire tout le temps. Et que lorsque l’on a décidé d’en mettre, il faut pleinement en profiter. Et que l’on peut être différente, selon l’envie du moment ou le confort souhaité.

C’est valable pour le reste : on peut être aussi rayonnante en jupe-crayon qu’en jeans, ou en talons de 12 centimètres qu’en ballerines.

L’important, je crois, est de ne pas s’enfermer soi-même tous les jours que Dieu fait, dans une image figée ou un rôle somme toute très archétypal.

Et honnêtement : Alicia Keys est atomique sans maquillage.

(Et pour la peine, même si je ne suis pas aussi atomique qu’Alicia Keys, je ne porte pas de coloriage sur ces photos. Mais des lunettes de soleil et un peu de rouge à lèvres).

Robe Dice Kayek – Escarpins Giorgio Armani – Sac à main Bulgari – Lunettes de soleil Tom Ford