Construit vers 1770 selon les plans de l’architecte Ventura Rodríguez, le palais de Liria étonne, au cœur de Madrid, par une architecture finalement très anglaise.
Il faut dire qu’il est commandé par James Fitz-James Stuart, troisième duc de Berwick, mais également troisième duc de Liria (d’où le nom du palais).
Eugénie de Montijo, dernière impératrice consort des Français, y meurt en 1920 – elle est madrilène d’origine et sa sœur Paca, qui est grande d’Espagne, a épousé en 1848 le duc d’Albe et réside donc au palais de Liria.
Eugénie mourra soixante ans après sa sœur, mais sa présence dans les lieux explique la présence de ses nombreux portraits et la formidable collection de porcelaines de Sèvres que le palais abrite.
Le palais entre au début du XIXème siècle dans l’héritage de la maison d’Alba.
Il est entièrement détruit pendant la guerre civile espagnole (1936-1939), à l’exception des façades. Son intérieur est reconstruit selon les plans de l’architecte britannique Edwin Lutyens par Jacobo Fitz-James Stuart, 17ème duc d’Alba, et sa fille Cayetana Fitz-James Stuart, 18ème duchesse d’Alba, qui est à la tête de la maison d’Alba de 1955 à 2014.
Bien que le palais de Liria ait été la résidence officielle de la 18ème duchesse d’Alba, elle préfère dans les dernières années de sa vie vivre au palais de las Dueñas à Séville, où elle décède.
C’est aujourd’hui son héritier, Carlos Fitz-James Stuart, 19ème duc d’Alba, et son frère Fernando qui résident au palais de Liria.
De fait, le palais de Liria est l’un des rares palais habités que l’on puisse visiter.
Il faut probablement parler de palais muséal – puisque le bâtiment abrite une remarquable collection privée d’art européen, qui comprend des peintures de Perugino, du Titien, du Greco, de Goya, de Murillo, de Rembrandt, de Rubens, d’Ingres, de Courbet, de Fantin-Latour, ou encore de Boudin. Les sculptures sont pléthore, les gravures également – Dürer, Mantegna, Van Dyck.
Les jardins sont conçus par les paysagistes et architectes prestigieux de l’époque, tels que Ventura Rodríguez, Sabatini ou encore l’architecte et paysagiste français Jean-Claude Forestier.
À l’origine géométriques et de style français, les jardins sont remodelés selon un style anglais plus romantique.
Devant le palais, sont plantés des marronniers, des mimosas, des ifs et d’un grenadier.



Le palais de Liria abrite une bibliothèque de plus de 20.000 volumes où se trouvent des lettres de Christophe Colomb et la première bible en castillan datant de 1431














À l’arrière du palais, le jardin, plus géométrique, est inspiré du style versaillais, avec des parterres de fleurs délimités par des haies. Il subit diverses modifications aux XVIIIème et XIXème siècles. Le bassin orné d’un groupe sculptural domine l’ensemble.













Le 6 Novembre 2026
