GIANNI LE MAGNIFIQUE

Puisque je suis en Italie, évoquons le très bon roman de Stéphanie des Horts, “Gianni le Magnifique”, qui retrace la vie romanesque de Gianni Agnelli, l’héritier de la dynastie italienne à la tête de Fiat.

L’histoire s’ouvre en 1953, lors d’un grave accident de voiture sur la corniche près de Monaco. Gianni, grièvement blessé, la gueule cassée et le corps brisé, est hospitalisé à Florence pour plusieurs mois. Cet épisode devient le point de départ d’un long flash-back où se dessine sa vie passée.

Second fils d’Edoardo Agnelli et de Virginia Bourbon del Monte né en 1921, Gianni évolue dans une grande fratrie de sept enfants élevés avec liberté, amour et complicité, bien loin de la rigidité des codes aristocratiques de l’époque. Pour autant, Gianni est perpétuellement confronté à la figure imposante de son grand-père paternel, Giovanni Agnelli, qui a fondé l’empire Fiat en 1899 et qui a d’ores et déjà désigné Gianni comme son héritier.

Les drames sont précoces et brutaux : le décès prématuré d’Edoardo dans un accident d’hydravion en 1935 jette Virginia et son beau-père dans une bataille féroce pour la garde des sept enfants. Virginia en sort victorieuse mais ne survit que dix ans à son époux – elle décède à seulement 46 ans dans un accident de voiture. Gianni, orphelin de père à 14 ans, doublement orphelin à 24 ans, reste inconsolable.

Fuyant la mélancolie pour se noyer dans la démesure, il devient le célibataire le plus convoité de la Riviera, où il enchaîne soirées, jeux de casino, excès de tout genre et conquêtes féminines.

Ce trompe-la-mort séduisant, arrogant et intelligent se perd longtemps dans une vie faite de démesure et de flamboyance pour cacher un profond manque de confiance en soi. Pour autant, l’entreprise Fiat l’attend à sa présidence, année après année. Relèvera-t-il le défi en acceptant pleinement son héritage familial ?

Le roman historique de Stéphanie des Horts laisse fort à penser sur le destin de ceux qui ont tout et ceux qui n’ont rien ; ceux qui errent sans but parce que tout a déjà été créé par une mythologie familiale pesante et ceux qui ont faim et qui ont décidé de créer leur propre destinée. J’ai plus d’admiration pour une Jeanne Toussaint, dont la vie a déjà été retracée dans un très bon roman historique de la même autrice, que pour un Gianni Agnelli – même si je dois dire que la biographie romancée de ce dernier est passionnante à lire et particulièrement sensible.

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Le 7 Août 2026