L’AFFAIRE PELICOT – LA FIN

Le temps médiatique ne rencontre pas forcément le temps judiciaire.

Il y a un an démarrait sous les feux des projecteurs le procès Pelicot. La France entière a retenu son souffle pendant les quatre mois qu’a duré ce procès-fleuve qui opposait une femme contre cinquante-et-un hommes, co-accusés de l’avoir violée par soumission chimique.

Les cinquante-et-un co-accusés ont tous été condamnés à l’issue de ce procès éreintant à tous points de vue – humain, sociologique, philosophique, émotionnel et judiciaire. L’éreintement en valait le coup : la définition du viol est sur le point d’être changée pour intégrer explicitement la notion d’absence de consentement (sauf que ça prend du temps, puisque, tout le monde l’a compris, la vie politique française est un peu chaotique ces derniers temps).

À la suite du verdict, dix-sept condamnés ont fait appel, puis quatorze, puis treize, puis plus qu’un seul, Husamettin D.

Au cours du procès en première instance, Husamettin D. avait expliqué comment il avait cru de prime abord que Gisèle Pelicot était morte, puis qu’il avait été rassuré par Dominique Pelicot qui lui avait assuré qu’elle avait trop bu.

Au cours du procès en première instance, Husamettin D. avait réfuté la qualification de violeur, avait toujours pris une posture victimaire car il estimait avoir été abusé par Dominique Pelicot.

Au cours du procès en première instance, Husamettin D. n’avait jamais au grand jamais compris la notion de consentement.

De fait, il avait écopé à l’issue de ce procès en première instance, de 9 ans d’emprisonnement.

Et puisqu’il a fait appel, nous voici en appel devant la Cour d’Assises du Gard un an après le premier procès. À la différence de la Cour Criminelle du Vaucluse en première instance, la Cour d’Assises du Gard a vu l’accusé jugé par trois magistrats professionnels et neuf jurés citoyens.

Le procès en appel aura duré trois jours et se conclut le 9 octobre 2025 par une condamnation plus importante qu’en première instance, puisque Husamettin D. est condamné à 10 ans de réclusion, soit un an de plus que la première condamnation.

Ses chances d’acquittement étaient nulles, tout simplement parce qu’il a été largement démontré tant en première instance qu’en appel que Gisèle Pelicot n’était pas en état de consentir à quoi que ce soit. Ou de refuser quoi que ce soit. Qu’Husamettin D. n’ait pas eu l’intention ou la volonté de violer n’a aucune espèce d’importance puisque les faits démontrent que Gisèle Pelicot n’était tout simplement pas là – réserve faite uniquement de son corps drogué.

C’est, je l’espère, la dernière fois que Gisèle Pelicot remet les pieds dans un tribunal. Cette page judiciaire est maintenant fermée et bien fermée.

Pourtant, oui vraiment, le temps médiatique ne rencontre pas forcément le temps judiciaire. Le procès Pelicot dans sa phase d’appel est passé sous les radars médiatiques. Et pour cause : la France entière a retenu son souffle pendant les quatre dernières semaines sur le procès Jubillar devant la Cour d’Assises du Tarn. De quoi s’agit-il ? De meurtre par conjoint, autrement dit de féminicide. Le verdict est tombé aujourd’hui et Cédric Jubillar a été condamné à trente ans de réclusion.

La France va maintenant retenir son souffle pendant le procès de la meurtrière de Lola, une petite jeune fille de douze ans qui a été enlevée, torturée, violée et assassinée par une femme de vingt-sept ans. Car oui, bien sûr, il existe aussi des femmes prédatrices – même si leur nombre reste marginal en termes statistiques.

Comme disent nos amis anglo-saxons de manière souvent absolument ironique : What a time to be alive.

NDLR. Puisque je n’ai aucune envie de publier des photos de ma petite personne sous des textes aussi lourds, je continue ma litanie des lieux de Justice : nous voici donc au Tribunal Administratif de Paris, dans son enceinte et dans les jardins qui le bordent.

Le 17 Octobre 202

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