Le musée Maillol présente une importante rétrospective dédiée au photographe Robert Doisneau jusqu’au 12 octobre 2025.
Plus de trois-cent-cinquante photographies ont été soigneusement sélectionnées pour constituer l’exposition “Instants Donnés”, parmi les 450.000 clichés qui composent les collections du musée.
“Passant patient”, Robert Doisneau devient, avec son Rolleiflex au niveau du thorax, le témoin parfois mélancolique, parfois joyeux, mais toujours poétique de son époque. Il guette l’anecdote, la petite histoire et ses clichés sont de fait souvent empreints d’humour, d’ironie et de tendresse.
Né en 1912 en banlieue parisienne à Gentilly, Doisneau devient aux côtés de Willy Ronis l’un des principaux représentants du courant de la photographie humaniste du XXème siècle.
Probablement le plus parisien des photographes, il fait de Paris son terrain de jeu en photographiant pendant près d’un demi-siècle des milliers de portraits du petit peuple de la capitale, qu’il s’agisse d’artisans, de gamins des rues, de clochards ou d’amoureux. Il commence par photographier les enfants, car il les trouve moins intimidants que les adultes.

Les Glâneurs de Charbon, 1945

Madame Titine campe sur le quai de l’Arsenal, 1950

Monsieur Ali à Vitry, 1965

Le Baron William et son laquais, Paris, 1955

Les Frères, rue du Docteur Lecène, Paris, 1934

La Dernière Valse du 14 Juillet, Paris, 1949

Les chagrins de la récré, Paris, 1956

Le Justicier de la Porte de Vanves, Paris, 1956

Timide à Lunettes, Paris, 1956

La Sonnette, Paris, 1934
Il photographie l’Occupation à Paris sans être inquiété car il travaille pour le journal Le Point. Ses clichés témoignent de la dureté de la vie sous l’Occupation : de familles installées dans les couloirs du métro pendant des bombardements, un épicier pesant une microscopique ration de beurre, une vérification d’identité par la police en 1944. Il photographiera bientôt l’allégresse de la Libération.
Il contribue au passage à protéger des personnes persécutées grâce à ses talents de photographe et de faussaire.
Au sortir de la guerre, il devient photographe indépendant. Cela ne l’empêche pas de répondre à une ultime et importante commande du Point : un hommage photographique aux imprimeurs clandestins sous l’Occupation, avec lesquels il a toujours entretenu des liens forts.
C’est l’écrivain Blaise Cendrars qui le premier décèle le talent de Doisneau. Il lui propose de cosigner “La Banlieue de Paris” en 1949.

Gentilly, 1943

Au Bon Coin, Saint Denis, 1945

Le Vélo du Printemps, Alfortville, 1948

Mission DATAR 1984, Cité des Beaudottes, Sevran

Entrée de la Zone, Gentilly, 1945

Mission DATAR 1984, Saint Denis depuis la Tour Pleyel, Juin 1984

Mission DATAR 1984, Quartier du Pavé Neuf, Noisy-le-Grand

Mission DATAR 1984, Mur à pêches et Cité de l’Amitié, Montreuil-sous-bois
Le succès est assuré. Il refusera pour autant tout honneur.
Je n’aime pas les honneurs. Seuls les dompteurs sont décorés. Les funambules, eux, une médaille leur ferait perdre l’équilibre.”
Doisneau aura tout photographié : les modèles de Vogue, les mineurs de Lens, ses amis artistes.


Drapé de Grès, Paris, 1955

Baiser Volé, 1950

Bal Besteigui, Venise, 1951

Jacques Prévert

Marguerite Duras, 1955

Sempé, 1963
Son noir et blanc est légendaire – il s’agit moins d’une aspiration artistique que d’une contrainte purement économique – cela coûte moins cher que la couleur – et ce sont moins les photos de magazine que les photos de rue qui frappent par leur charge humaine.

La Vitrine de Romi, Paris, 1948

La Vitrine de Romi, Paris, 1948

Le Sourire des Galibotd, Lens, 1945

Lens, 1945

Véhicule Militaire, 14 Juillet 1969

Un Musicien sous la Pluie, Belleville, 1957

L’Escalier, Chez Nénette, 1957
Doisneau aura été le témoin attentif et attendri de son époque – de toutes les époques qu’il aura traversées.

Boulevard Saint-Michel, Mai 1968

Pastel Pitoyable, Paris, Mars 1968
Le 29 août 2025
