À quelques jours près, voici dix ans que Marquis Paris existe. Ce qui avait commencé par un site voué au seul style parisien s’est vite transformé en site dédié au cinéma, à l’histoire, à la littérature, au voyage, au féminisme et à la vie en général, qu’elle soit réelle ou digitale.
Près de 1.200 articles ont été publiés depuis – pour moitié en français, pour moitié en anglais, puisque le site existe dans les deux langues. Et de fait, beaucoup d’entre vous, mes chers lecteurs, vivez aux États-Unis et au Royaume-Uni.
Pour fêter ce premier anniversaire à deux chiffres, voici donc un florilège de photos maintenant anciennes dont la majorité date d’une décennie et qui n’ont, pour certaines, jamais été publiées.
À revoir ces photos oubliées, je constate que Marquis Paris, né sous les auspices de relations privilégiées avec certaines maisons de luxe (il faut dire que j’ai longtemps été bonne acheteuse), s’est rapidement détourné de la monétisation presqu’inévitable du monde digital de la mode sur les réseaux sociaux. J’ai vite compris que la frontière entre le rôle de porte-parole et celui de porte-manteau était fine et que dans les deux cas, la monétisation de Marquis Paris supposerait des compromis voire des compromissions que je n’étais pas prête à faire. De fait, rien ici n’est monétisé et il faut bien avouer que mes réseaux sociaux – Instagram et YouTube – sont un peu tombés en désuétude. Sans grand regret.
À revoir ces photos oubliées, je constate au fil des ans un dépouillement progressif : il y a aujourd’hui moins de bijoux, moins d’accessoires. Les chaussures plates remplacent de plus en plus souvent les talons. Le maquillage a été réduit à sa plus simple expression – poudre libre, mascara et rouge à lèvres. La simplicité et le confort priment, parce que j’ai aujourd’hui plus soif de connaissance que de style. Il faut dire que la mode, réserve faite de la haute-couture et de l’artisanat qui y est attaché, a perdu de son intérêt. Le monde de la mode est devenu, comme le monde digital, un marché d’illusions aiguillonné par l’hyper-rentabilité où les maisons de luxe partagent les mêmes pratiques que la fast-fashion au détriment d’acheteurs qui sont floués.
De fait, la seule démarche un tantinet disruptive qu’il était possible de mettre en place ici était justement de refuser les concepts de monétisation et d’hyper-rentabilité. Marquis Paris n’a rien à vendre. Tout est sincère, gratuit et honnête.
À revoir ces photos oubliées, je constate que les grimaces, les sourires, les cocktails et les cigarettes émaillent ces photos, tout comme celles d’aujourd’hui. Je fais toujours autant l’idiote. J’ai toujours autant envie de frapper mon photographe qui veut mille fois une dernière photo. Les situations sont toujours aussi improbables, qu’il s’agisse d’un chien errant qui s’invite à la séance-photo ou de robes de soirée portées dans la rue en pleine journée. J’ai toujours trop froid ou trop chaud mais il ne faut pas que cela se voit. Il y a toujours un vent à décorner les bœufs mais il faut toujours rester coiffée. Je me change toujours autant dans la rue. Je m’amuse toujours autant.
Bref, à revoir ces photos oubliées, je constate que tout a changé et pourtant, rien n’a changé.





































































Le 5 Septembre 2025




























