VAL-ANDRÉ – BRETAGNE

Val-André est une jolie petite station balnéaire bretonne née dans les années 1880 sous l’impulsion du maire de l’époque, Arthur de La Goublaye et d’un ingénieur, Charles Cotard. L’endroit était déjà fréquenté en 1857 par la bourgeoisie et l’aristocratie de Lamballe et de Saint-Brieuc qui y avaient fait construire les premières villas, mais c’est Charles Cotard, qui en achetant, en revendant ou en louant de nombreux terrains, devint le véritable promoteur de Val-André.

Ce qui n’était alors qu’une vaste étendue sauvage de sable et de galets se transforma en une plage de sable blond surmontée d’une promenade de deux kilomètres, la Digue. L’hôtel “À Ma Campagne”, qui trônait au centre de la promenade, accueillit de nombreux touristes… et Charles Cotard qui y avait ses habitudes.

Le plan des lotissements établi et les rues principales tracées, les lots furent mis en vente. Charles Cotard décida de doter la future station des infrastructures nécessaires à la réussite du projet. Il faut dire que l’ingénieur avait travaillé sous les ordres de Ferdinand de Lesseps sur la construction du canal de Suez.

A partir de 1890, ce fut au tour du comte Louis-Charles d’Aubert de donner une nouvelle impulsion au développement de la jeune station balnéaire en mettant en vente les terres qu’il possédait en bord de mer. La mise en service en 1922 de la ligne de chemin de fer desservant la commune de Pléneuf consacra l’essor de la station balnéaire.

La Digue fut agrémentée d’une rotonde en 1930 et d’une promenade bitumée en 1933 et le premier casino, construit à l’emplacement de l’hôtel “À Ma Campagne”, fut remplacé par un bâtiment Art Deco en 1938.

Le Corps de Garde sur la Pointe de la Guette

L’élément structurant de la station balnéaire de Val-André est évidemment cette immense plage de sable blond, fermée au nord par la pointe du Château-Tanguy et au sud-ouest par la pointe de la Guette.

La pointe du Château-Tanguy, qui est également appelée le Piégu, abrite de belles villas alors que la pointe de la Guette offre avec son sentier douanier de belles balades sur les falaises et un accès direct au petit port de Dahouët, où l’on trouve les sucettes du Val-André, qui existent depuis 1928 et qui sont déclinées en une multitude de saveurs.

Bien abrité des vents, le port de Dahouët date du XIIème siècle mais c’est surtout au XVIème siècle qu’il connaît une forte activité avec la pêche morutière à Terre-Neuve et en Islande. L’oratoire de Notre-Dame-de-la-Garde, qui abrite une grande statue de la Vierge, veille sur les marins qui abordent ou quittent la passe coudée qui permet d’accéder au port.

Le Verdelet est un petit îlot accessible à basse-mer, c’est également une réserve ornithologique. Au Moyen Âge, le Verdelet était un lieu de culte, avec une église dédiée à Saint-Michel, disparue depuis fort longtemps. A la Révolution, le Verdelet devient terrain communal. On sait que ses coquillages étaient recherchés par les pauvres qui venaient de loin et que des moutons, mis en pâturage, ont eu quelques accidents : trente se jettent dans le vide en 1834 et cent neuf se noient en voulant tenter le passage à marée montante en 1849.

La grève du Val-André est riche en coquillages dont certains, de plus en plus rares aujourd’hui, s’appellent des “pucelages”. La légende veut que leur nom viennent de prêtresses en lesquelles les marins avaient grande foi. Ceux-ci, avant de partir pour de périlleux voyages, approchaient leurs bateaux au plus près du rivage où les prêtresses semblaient les attendre. Lorsque le bateau avait jeté l’ancre, un jeune marin encore adolescent s’élançait à la nage vers elles. A son retour à bord, plus il rapportait de coquillages attachés à son cou, plus les chances de succès de la traversée à venir s’amplifiaient.

Le rustique breton avoisine le raffinement fin XIXème/début XXème, lorsque l’on en vient à l’architecture. La seule constante réside dans le fait que chaque villa ou presque est baptisée d’un nom.

Aujourd’hui baptisée Pléneuf-Val-André, la commune réunit Pléneuf – sur les hauteurs et Val-André – sur le littoral. C’est peut-être la diversité offerte par la commune qui fait son intérêt : on ne saurait faire plus différent entre le port du Piégu et celui de Dahouët, entre les falaises et la plage, entre le calme villageois de Pléneuf et l’animation de la Digue. Les ambiances y sont très contrastées, et c’est très plaisant.

Le 4 Juillet 2025

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