CLOS LUCÉ

Le Clos Lucé, connu pour être la dernière demeure de Léonard de Vinci, est un très joli château de briques et de tuffeau situé à Amboise , en Val de Loire.

Construite en 1468, la bâtisse médiévale, qui est connue sous le nom de Manoir du Cloux, est acquise en 1490 par Charles VIII, qui la transforme en château royal.

Il y fait construire en 1492 l’oratoire, qui est un petit joyau gothique, pour son épouse Anne de Bretagne, qui résidera au Manoir du Cloux jusqu’à son départ pour le château de Blois.

Pendant 200 ans, le domaine sera la résidence d’été des rois de France.

Charles d’Alençon et Marguerite de Valois s’y installent en 1509, jusqu’à la vente du domaine à Louise de Savoie. Régente de France, elle y élève le duc d’Angoulême – futur François Ier et sa sœur Marguerite de Navarre, future femme de lettres.

En 1516, Léonard de Vinci, qui a travaillé pour les Sforza et les Médicis et qui a pour mécène le gouverneur de Milan Charles II d’Amboise, quitte Rome sur l’invitation de François Ier et traverse l’Italie avec trois de ses trésors : “La Joconde”, “La Vierge, l’Enfant Jésus et Sainte-Anne” et “Saint-Jean-Baptiste”, qui peuvent aujourd’hui être admirés au Louvre.

François Ier, qui est devenu le roi-mécène que l’on connaît et qui voue une admiration et une affection filiales au grand artiste, met le Manoir du Cloux à la disposition de Léonard de Vinci. Outre une pension, il lui arroge également le titre de Premier Peintre, Ingénieur et Architecte du Roi.

Léonard de Vinci est très prolifique au Manoir du Cloux et travaille à de nombreux projets comme l’escalier à double révolution du château de Chambord.

Les deux hommes se verront presque quotidiennement jusqu’au décès du maître en 1519 à 67 ans – et contrairement à la légende et à la scène représentée par Ingres sur son tableau “La Mort de Léonard de Vinci”, François Ier n’assiste pas aux derniers moments de Léonard de Vinci.

A la mort du maître, le Manoir du Cloux repasse à Louise de Savoie, puis à la famille d’Amboise.

Le chemin de ronde a été transformé en galerie

Ce que l’on pense être la chambre de Léonard de Vinci. Les meubles sont d’époque mais ne proviennent pas du Clos Lucé

La chambre de Marguerite de Navarre, soeur de François Ier

L’oratoire d’Anne de Bretagne, épouse de Charles VIII

La ré-imagination de l’atelier de Léonard de Vinci. La pièce était auparavant un salon XVIIIème avec boiseries

La salle du conseil où, on peut l’imaginer, Léonard de Vinci recevait ses hôtes de marque

La cuisine

La famille de Saint-Bris, propriétaire depuis 1855 du Manoir du Cloux – rebaptisé en Clos Lucé au XVIIème siècle – propose à la visite depuis 1954 une ré-imagination de la vie de la bâtisse au temps de Léonard de Vinci. Le rez-de-chaussée et l’étage présentent les pièces de vie, alors que le sous-sol expose les inventions de Léonard de Vinci, accompagnées de leur modélisation par IBM.

J’insiste sur le mot ré-imagination.

Les salons XVIIIème de ce bâtiment classé depuis 1862 ont été démolis par les propriétaires en 2017 sans autorisation administrative – au grand dam de la Direction Régionale des Affaires Culturelles du Centre Val-de-Loire qui fait la même année un signalement au Procureur de la République de Tours pour travaux sur monument historique sans autorisation et destruction de monument historique.

Les boiseries anciennes et une cheminée ont été arrachées, les plafonds ont été modifiés, des fenêtres ont été bouchées alors que d’autres ont été percées.

Il n’existe aucune description précise du Clos Lucé tel qu’habité par le maître, ni aucun mobilier subsistant. L’ensemble de la demeure est bien une ré-imagination, et non pas une reconstitution, même si les meubles qui sont présentés sont d’époque.

Les ateliers de Léonard de Vinci sont notamment installés dans d’anciens salons XVIIIème, qui étaient classés et qui ne retrouveront jamais leur état d’origine.

La société qui exploite le Clos Lucé et son architecte ont été condamnés en 2019 à payer l’amende maximale, à savoir plus de 20.000 euros pour des travaux illégaux ne préservant pas le patrimoine architectural du lieu.

Soyons honnêtes : l’endroit est superbe, serein, a l’avantage de sensibiliser les visiteurs à l’œuvre de Léonard de Vinci – mais l’on ne parle en aucun cas de reconstitution. Ce n’est pas forcément un problème si le visiteur en a pleinement conscience.

Comme toujours, savoir et comprendre ce que l’on voit, ce que l’on lit ou ce que l’on admire est capital.

Le 19 Avril 2024

Le Clos Lucé