BEAUTÉ

S’il est bien un adage anglais qui est encore plus vrai que ce que l’on pourrait croire de prime abord, c’est bien celui-ci : “beauty lies in the eye of the beholder”, qui pourrait se traduire par “la beauté est dans l’œil de celui qui la voit”.

On s’arrête souvent à la première signification de l’adage, qui est que l’appréciation de la beauté est subjective – ce qui est très vrai – mais ce qui est encore plus vrai à mon sens est que l’oeil sait apprécier la beauté de toute chose, s’il a été formé à le faire.

Car le sens de la beauté s’apprend, comme tout le reste.

(Ma phrase préférée lorsque je me promène avec mes enfants ? “Oh, regarde !”)

S’il l’on est un tant soit peu attentif, la beauté est partout. Et lorsque l’on ne vit pas sous les bombes, c’est presque une obligation morale d’apprécier la beauté qui nous environne parce qu’elle fait partie de la chance que l’on a.

Pour peu que l’on regarde autour de soi, il y aura toujours quelque chose de beau à voir au cours d’une journée, que ce soit la beauté d’une fleur, qu’elle soit dans un champ ou chez un fleuriste, la beauté d’un rayon de soleil qui se reflète parfaitement sur les fenêtres d’un gratte-ciel pourtant sans intérêt, la beauté d’une personne, la beauté d’un ciel particulièrement saisissant ou la beauté du sourire d’un enfant croisé dans la rue.

(La liste est sans fin, évidemment).

La beauté est partout, dans la Nature, dans les oeuvres artistiques, dans les bâtiments, dans l’animal, dans l’humain. La beauté est souvent visible mais elle est parfois immatérielle lorsqu’elle touche à la geste humaine et à la transcendance. Dans ce dernier cas, elle est rare, et elle est encore plus appréciable.

Rester sensible à la beauté – quelle qu’elle soit – est salutaire et indispensable.

Rester sensible à la beauté permet de s’abstraire quelques instants d’un monde souvent compliqué et déprimant.

Rester sensible à la beauté permet de relativiser ses soucis. La majorité des artistes que nous admirons aujourd’hui criaient famine et étaient pourtant portés par une transcendance folle, ce qui donne en réalité beaucoup d’espoir et de courage pour nos pauvres âmes parfois en peine.

La beauté électrise les coeur endormis et vient chercher le vivant en nous.

La beauté console les coeurs endoloris et reste au coeur comme une consolation, aussi dépouillé ou malheureux soit-on.

La beauté nous garde vivants et préserve l’enfant en nous. Rester sensible à la beauté permet de préserver sa propre capacité d’émerveillement.

La beauté nous parle de transcendance et de merveilleux, ce dont – vous me l’accorderez – nous avons tous besoin.

(Et pendant que j’écris ce texte, j’écoute et je savoure la très belle chanson de George Michael “Cowboys and Angels”, qui est l’une des rares chansons contemporaines, sinon la seule à ma connaissance, écrite en valse. De la beauté sonore, cette fois-ci).

Le 9 Février 2024