VICTOR VICTORIA

“Victor Victoria” réunit Julie Andrews, Robert Preston et James Garner. Cette comédie, réalisée en 1982 par Blake Edwards, est somme toute très avant-gardiste.

Une femme prétend être un homme qui prétend être une femme.

Reprenons.

Victoria (incarnée par Julie Andrews) est une chanteuse lyrique sans le sou dans le Paris des années 30. Pour survivre, elle suit l’idée de son meilleur ami Toddy (interprété par Robert Preston), un vieux routard des cabarets parisiens, en se faisant passer sur scène et à la ville pour un homme qui prétend être une femme, le comte Victor Grazinski. Elle a grand succès et tout le monde pense que Victor est en couple avec Toddy, qui est notoirement homosexuel.

Les choses se compliquent un tantinet peu lorsque King (James Garner), un gangster de Chicago – parfaite incarnation du macho viril – tombe sous le charme de Victor, qu’il pensait de prime abord être une femme mais qui se présente pourtant comme un homme.

Le coup de foudre est réciproque, ce qui ne simplifie pas les choses.

Le film est intéressant à plus d’un titre.

A sa manière, je trouve que “Victor Victoria” reprend le flambeau de “Certains l’aiment chaud” en énonçant que l’amour peut prendre bien des formes et que chacun est aimable à sa manière. Lorsque King s’apprête à embrasser Victor pour la première fois et que Victor lui lance qu’il est un homme, il lui répond “I don’t care if you are a man”.

Il n’est pas vraiment question de travestissement, plutôt d’incarnation. La Victoria des années 30 comprend que le champ des possibles ouvert à un homme est large, et c’est la raison pour laquelle elle a du mal à renoncer à son alter ego qu’est devenu Victor. Quelques décennies plus tard, je peux comprendre ce qu’elle ressent.

Au-delà de tout cela, le film est très drôle et fait un bien fou. “Victor Victoria” est lumineux, émouvant et sublimement porté par la solaire Julie Andrews.

Costume L.I.L.A.R – Manteau Max Mara – Escarpins Gucci – Sac à main YSL – Chapeau Céline Robert