DÉSHUMANISATION

Une femme devrait pouvoir être très exactement la personne qu’elle souhaite être, sans être confrontée aux demandes du jour d’une société (au risque de me répéter).

Le 27 janvier dernier, une célèbre actrice américaine de 58 ans a défilé pour une toute aussi célèbre maison de haute-couture italienne et a, cela faisant, créé la stupeur. Elle était en effet méconnaissable et la planète entière – médias et gens du commun – s’est demandée si elle avait fait de la chirurgie esthétique.

Chirurgie esthétique, maquillage, « contouring », qui sait ? Et franchement, puisque telle est la bonne question à se poser : qui s’en préoccupe ?

On en revient toujours et encore aux standards que la société moderne applique – pardon, impose – aux femmes et à leur corps, et cela devient hautement pénible.

Les médias institutionnels se sont depuis toujours permis de commenter le corps des femmes. Et lorsque lesdits médias parlent d’âge, de chirurgie esthétique, de beauté ou de laideur féminine – en bref, de la valeur des femmes sur le marché (en encore plus bref, de leur désirabilité sexuelle), ils participent pleinement à la marchandisation de la femme et de son corps.

Cette actrice américaine n’a hélas pas fait exception – puisque de nombreux médias nous ont agoni de leur prose à son sujet, pas plus tard que le 28 janvier.

C’est hautement pénible, mais cela devient intenable lorsque l’on s’aperçoit que des personnes comme vous, comme moi, se permettent de publier des commentaires très peu flatteurs sur la page Instagram de cette actrice américaine, sans jamais lui parler directement et en parlant d’elle à la troisième personne.

La déshumanisation s’ajoute maintenant à la marchandisation.

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