DOUBLE STANDARD

Voici quelques temps que je suis l’initiative “Free the Nipple” sur Instagram. En résumé : certaines personnes s’interrogent – avec un profond désarroi, devrais-je ajouter – sur la politique d’Instagram qui consiste dans un même temps à nous proposer des photos de jeunes hommes qui paradent torse nu, mais à interdire la moindre photo comportant un téton féminin, qu’il soit de face, de profil ou même presque suggéré.

Double standard, quand tu nous tiens.

Cela faisant, Instagram valide implicitement (et finalement, assez explicitement) le standard socio-culturel actuel selon lequel le corps de la femme est sensiblement plus sexualisé que celui de l’homme.

C’est à croire qu’Instagram a peur d’être confondu avec Pornhub.

Cela n’a aucun sens, si l’on parle de photos de mères en train d’allaiter.

Cela n’a aucun sens, si l’on considère qu’un téton, mon Dieu, eh bien un téton est un téton. C’est la charge culturelle actuelle que l’on met dans le téton qui le rend presque pornographique, si j’en crois Instagram.

Si j’en crois Instagram encore, il est en revanche tout à fait normal et aucunement sexualisant de prendre des poses ultra-suggestives à moitié nue, en maillot de bain ou en lingerie.

Est-ce qu’Instagram voudrait bien, du haut de son milliard d’utilisateurs, potentiellement, sur un malentendu, à l’occasion, participer à un changement sociétal ? C’est-à-dire cesser de valider des théories fumeuses selon lesquelles le téton est le symbole ultime de la sexualisation du corps de la femme ?

Entendons-nous bien : ce n’est pas que j’ai furieusement envie de voir des tonnes de tétons défiler dans mon fil Instagram, mais j’aimerais à tout le moins que la politique du double standard cesse.

Tous les tétons, masculins et féminins – ou alors aucun – tel est mon crédo.

Réveilles-toi, Instagram. Ta politique est tellement 20ème siècle. On peut montrer un téton et se révéler être l’antinomie de la sexualité, comme on peut être très habillée et être très suggestive.

La preuve en images, qui datent de plus d’un an et qui ont été prises pour un numéro de Faust Magazine et que je n’ai jamais osé publier car je trouvais justement ces photos un tantinet trop suggestives pour moi.

La preuve en images, mais sans téton, donc.

Bustier Chantelle – Jupe Zapa – Gants vintage – Collier Joanna Delys – Escarpins Sergio Rossi – Photographe Joanna Dijkstra Delys