L.A. CONFIDENTIAL

L.A. Confidential, le livre écrit en 1990 par James Ellroy ou bien L.A. Confidential, le film réalisé par Curtis Hanson ?

Curtis Hanson livre en 1997 un joli moment de cinéma néo-noir américain, avec sa version filmée du roman de James Ellroy, réputé inadaptable au grand écran, tant l’univers de celui-ci fourmille de personnages et d’histoires parallèles. La reconstitution du Los Angeles des années 50 est superbe, l’atmosphère est parfaitement rendue et Jerry Goldsmith, déjà à la manœuvre sur Chinatown, livre une partition parfaite.

Néanmoins, l’intrigue du livre est simplifiée à l’extrême, et la fin en est même modifiée.

Revenons donc à James Ellroy. L’auteur américain aura transformé un trauma d’enfance en création obsessionnelle.

Né Lee Earle Ellroy à Los Angeles en 1948, il y perd sa mère en 1958, assassinée sans que le meurtre soit jamais élucidé. Ce traumatisme majeur marquera le début d’une longue descente aux enfers, entre exclusion de l’école, pauvreté, errements et abus de substances diverses. Mais ce traumatisme majeur marquera également une autre naissance, la naissance de l’écrivain James Ellroy, à 30 ans.

L.A. Confidential n’est certes pas le premier roman d’Ellroy, mais ce roman, inséré dans ce que l’on appelle communément le “Quatuor de L.A.” – qui réunit “Le Grand Nulle Part”, “L.A. Confidential”, “Le Dahlia Noir” et “White Jazz” – illustre parfaitement l’obsession que nourrit Ellroy pour le Los Angeles des années 50 et 60, vicié par le souffle fétide des crimes et de la corruption.

L.A. Confidential est un roman fouillé, dense, abrupt, où s’entrecroisent trois flics.

Faux héros de guerre devenu policier ambitieux, le brillant Ed Exley ne s’épargne aucun moyen, aucune stratégie, aucun coup bas afin de faire avancer sa carrière car il est en grand besoin de tuer symboliquement son grand flic de père.

Bud White, qui a une intelligence d’un autre type – et plutôt du type terrien, est un flic agressif, une vraie brute obsédée par les hommes violents vis-à-vis des femmes depuis qu’il a vu son père tuer sa mère.

Jack Vincennes est un policier hanté par l’homicide involontaire d’un couple âgé, cherchant la rédemption par les voies impénétrables de la télévision et des tabloïds en mal de potins sur les célébrités et leurs déviances.

Chacun d’eux cache un lourd secret, comme tout un chacun dans ce Los Angeles putride.

Chacun d’eux nage dans des eaux émotionnellement très troubles et surnage dans une moralité aux frontières floues et mouvantes. Ils devront coopérer afin d’enquêter sur le meurtre de six personnes dans un restaurant de la ville. Leur enquête aboutira sur une organisation criminelle couvrant autant la drogue, le meurtre, la corruption, la pornographie que la prostitution.

Rien ne nous est épargné : l’univers est noir, très noir. L’ambiance est lourde, très lourde. Le style est à l’avenant : sec, compact, vif. James Ellroy mèle personnages fictifs et personnages réels et sa restitution du Los Angeles des années 50 est d’une précision chirurgicale.

Le genre humain est sans humanité aucune. Le pessimisme l’emporte, noyé dans les brumes de l’alcool ou des amphétamines que chacun ingurgite pour rester debout à défaut de rester vivant. Les trois protagonistes cherchent une ligne d’horizon possible, une voie de rédemption à la hauteur de son (absence de) courage propre. La ligne d’horizon, la voie de rédemption ressemble parfois à un semblant de justice, parfois à une femme.

Cette série de photos m’a immédiatement fait penser au Hollywood des années 50, et partant, à l’univers du Quatuor de Los Angeles. Mais ma version en est bien plus souriante, et je puis vous certifier qu’aucun photographe n’a été assassiné lors de cette séance.

Robe et boucles d’oreilles vintage – Bague Ania Kropacz – Escarpins Prada – Ceinture Dior

A l’hôtel Lancaster – Paris