L’ENVERS DU DÉCOR – LIVRE 15

L’envers du décor, ce n’est pas toujours glorieux. Notamment lorsque vous partez, en pleine canicule, faire des photos à Trouville où vous espérez bêtement que la brise marine vous évitera la chaleur de plomb qui harasse la France à ce moment-là.

Que nenni.

Faire des photos en robe longue sur la plage de Trouville tout en dégoulinant de sueur, c’est fait.

Faire des photos sur le port de Trouville dans cette belle robe Lanvin vintage qui comporte deux fermetures Éclair et une multitude de petits boutons – robe que je n’ai jamais réussi à fermer puisque tout collait et tout gonflait – c’est fait aussi. Bras collé sur le côté non fermé de la robe, j’ai le vague espoir que cela ne se voit pas.

Faire des photos en maillot de bain sur la plage de Deauville, aller à l’eau et risquer le choc thermique, c’est fait aussi. Mon expression en dit assez long, je pense.

Il y a d’autres éléments contre lesquels il faut se battre, notamment le vent. Lorsque celui-ci se lève et que vous portez une capeline dont la circonférence pourrait abriter deux personnes, le risque est tout simplement de s’envoler.

Mais évidemment, l’élément contre lequel il faut se battre le plus régulièrement est moi-même : le fameux “fais l’amour à la caméra” provoque inévitablement en moi une réaction de sottise immédiate.

L’également fameux “encore une ou deux, s’il te plait” du photographe qui a peur de manquer, alors que je ne rêve que de décamper provoque, selon le moment, l’agacement, l’attitude un tantinet agressive ou la sortie de mon téléphone.

Sinon, parmi les bonnes idées, on notera la prise de photos avec un nounours géant (alors que la vitrine de la boutique m’intéresse largement plus)…

le tulle dans lequel les cils se coincent…

ou encore les plumes et la dentelle sur les yeux pour un effet Eyes Wide Shut absolument non souhaité…

Que voulez-vous, ce n’est pas mon métier, je suis avocat, moi.