OZALYS

Voici que débute bientôt Octobre Rose, la campagne annuelle de sensibilisation au dépistage du cancer du sein depuis 1985. Le petit ruban rose va fleurir un peu partout ce mois-ci.

Je vais être honnête, le petit ruban rose m’agace. Ma belle-mère Gabrielle a été emportée il y a moins de trois ans par un cancer à l’âge de 54 ans, mon père s’est retrouvé veuf et mes jeunes frères et sœur, orphelins de mère. Je puis vous assurer que ce ruban, tout mignon tout rose, est à peu près aux antipodes de ce que cette femme a traversé avec son mari et ses enfants.

Le petit ruban rose m’agace parce qu’il participe à un « pinkwashing » nauséabond qui tourne une cause noble et grave en marketing qui pue l’opportunisme commercial.

Le petit ruban rose m’agace parce qu’il est associé à une foultitude de campagnes de vente de produits qui n’ont aucun rapport avec le cancer et qui ne délivrent aucune information un tant soit peu intelligente sur le sujet.

Une infirme partie des bénéfices de vente est reversée à la cause et comme souvent, la récupération d’idées nobles par le capitalisme fait des merveilles. Ou pas.

Le petit ruban rose m’agace parce qu’il rend le cancer moins grave qu’il ne l’est et le banalise par une surabondance d’informations pas toujours pertinentes. Puisque la campagne est axée sur le dépistage, l’accent est mis sur la nécessité de faire des mammographies, ce qui est certes nécessaire.

En revanche, on ne parle pas assez à mon goût de la nécessité de visiter régulièrement son gynécologue ou de celle, encore plus évidente pourtant, de l’auto-palpation, qui est tout de même le premier moyen de détecter si souci il y a.

Agacée parce que la douleur et la dureté du cancer du sein sont évacuées. Je n’ai aucune envie de banaliser ou de glamouriser le cancer.

J’ai plutôt envie d’évoquer une maladie, une maladie grave dans tout ce qu’elle a de dur et d’impactant mais qui, si l’on en sort, rend différente.

Même si je n’ai pas été atteinte par le cancer du sein, il m’a – à tout le moins – touchée car, comme va le triste adage, lorsqu’un membre de la famille a le cancer, toute la famille a le cancer. Au-delà de cette tragédie personnelle, je me sens de plus en plus concernée par le cancer du sein, par sororité, par maternité, parce que les chiffres sont effarants, les prévisions encore plus, et qu’une prévention rigoureuse pourrait amoindrir cette funeste comptabilité.

Gabrielle n’a pas échappé au crabe, mais une autre femme, si : Isabelle Guyomarch.

Isabelle est depuis de nombreuses années à la tête d’une usine de fabrication et de conditionnement de cosmétiques. Touchée en 2013 par un cancer du sein et s’en relevant, elle a – en toute simplicité – décidé de créer une marque de cosmétiques dédiées aux femmes qui traversent un cancer : Ozalys.

A moins d’avoir été touchée par un cancer, on ignore que le fait de mettre une crème de jour classique sur le visage peut ressembler à se passer du papier de verre sur la joue.

A moins d’avoir été touchée par un cancer, on ignore que la muqueuse buccale est tellement à vif que se brosser les dents engendre des douleurs insupportables.

A moins d’avoir été touchée par un cancer, on ignore que la femme diagnostiquée positive est, de facto, mise en dehors du cercle de la vie, pour entrer dans celui, bien plus infernal, de la survie. Elle s’engage à reculons dans un tunnel dont elle n’est absolument pas certaine de sortir vivante, et les coûts émotionnels, affectifs, sociaux et professionnels sont souvent immenses.

A moins d’avoir été touchée par un cancer, on ignore aussi que la femme diagnostiquée positive est, de facto, mise en dehors du cercle de la beauté et de la féminité. Car le premier dommage, le plus évident, est bien sûr le dommage physique. La chair, dans ce qu’elle a de plus féminin, est mutilée et les cheveux – cet autre attribut de féminité – tombent. Et il n’existe aucune cosmétologie spécifique pour ces femmes touchées par le cancer.

Jusqu’à Ozalys. Née en 2017, Ozalys a pour vocation est de ramener ces femmes dans ce giron de la beauté et de la féminité.

Un laboratoire de sept chercheurs a été mis en place et de longs mois de recherche et de développement ont été nécessaires afin d’élaborer une gamme de produits hydratants et de soins d’hygiène de très haute gamme, dédiée aux femmes traversant ou ayant traversé un cancer.

Tout a été étudié afin de leur rendre la vie plus simple et plus belle, que ce soit des produits 3 en 1 (la crème visage est une crème de jour, de nuit, avec des actifs anti-rides à un prix plus que raisonnable) ou tout simplement ergonomiques à utiliser – Isabelle se souvenant de l’époque où son bras lui faisait tellement mal qu’elle n’arrivait même pas à ouvrir son pot de crème classique, sans parler de ses ongles qui s’effritaient.

Tout ce qui n’était pas nécessaire a été évacué.

Le conditionnement a longuement été étudié également : les crèmes en tube sont en réalité dans une poche alimentaire interne qui évite toute contamination avec le plastique. Les tubes sont équipés de capsules munies de valves anti-retour, prémunissant ainsi de toute contamination externe.

Dérisoire de vouloir rendre la vie plus belle à ces femmes qui traversent un enfer ? Que nenni, car chaque geste compte pour les ramener dans le cercle magique.

Traverser cette maladie et y survivre rend différent, c’est la grande force de la résilience humaine. Accepter, accompagner les protocoles, ne pas s’arc-bouter et se laisser traverser par la maladie est un effort émotionnel immense qui change à tout jamais chaque femme qui passe par là.

Isabelle, au-delà de sa gamme dermo-cosmétique, a souhaité mettre en place tout un environnement pour accompagner, mieux : envelopper ces femmes qui se battent comme elle s’est battue.

Elle a écrit un livre, « Combattante » qui décrit sans tabou sa traversée de la maladie.

Elle discute de la maladie sur la section « blog » du site Ozalys.

Elle organise des symposiums annuels. Cette année, pour Octobre Rose 2019, elle a décidé d’aller au cœur du sujet : bien loin de la banalisation du cancer du sein, Isabelle organise un événement auquel chacun est invité à découvrir ce qu’est d’un point de vue sensoriel la maladie. Car comprendre est souvent le meilleur moteur de l’anticipation.

On dit souvent que ce qui ne tue pas rend plus fort. C’est vrai, mais j’y ajouterai « et différent ».

Gabrielle en est le meilleur exemple : lorsqu’elle a compris la fatale issue – car elle l’avait compris bien avant tout le monde – elle n’a plus jamais été la femme qu’elle avait été auparavant, prodiguant au-delà de ses propres forces un message d’amour et d’apaisement à son entourage, se transcendant et s’armant d’une force surhumaine qui la rend finalement éternelle. Elle est allée au-delà d’elle-même et c’est bien ça le principe d’une vie accomplie.

Isabelle en est le meilleur exemple également : elle ne sera jamais la femme qu’elle a été avant le cancer et c’est très bien comme cela, c’est le sens de la vie. Elle a décidé d’en tirer quelque chose de positif, qui va au-delà d’elle-même et c’est bien ça le principe d’une vie accomplie.

Car la vie est synonyme de changement perpétuel. L’accepter et se transcender, c’est se grandir.

Oubliez le ruban rose, venez à l’événement organisé par Ozalys.

Les 4 et 5 octobre 2019, au Studio des Acacias, au 30 rue des Acacias dans le 17ème arrondissement de Paris, Ozalys vous invite à découvrir sans tabou la réalité physique et morale de la maladie avec une expérience multi-sensorielle. Des soins gratuits, sur rendez-vous, seront également prodigués par des esthéticiennes Ozalys.

Entrez dans le vif du sujet et pensez à la prévention.

A Gabrielle, à Isabelle, et à toutes les combattantes.

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