REMPLIR LE VIDE

Lecture de la semaine : « Filling the Void » de Marcus Gilroy-Ware, qui s’interroge sur les raisons pour lesquelles une très grande majorité de personnes va, vient et revient de manière compulsive sur les réseaux sociaux.

Selon l’auteur, la réponse se niche tout simplement dans le modèle économique dans lequel nous vivons : le post-capitalisme.

La vie souvent peu satisfaisante d’une grande majorité d’employés qui travaillent et vivent dans des conditions finalement assez précaires crée un vide intérieur qui amène tout naturellement ces personnes vers les réseaux sociaux, où un savant mélange d’information, de divertissement et de vie rêvée est disponible.

Évidemment, le vide intérieur perdure : ces utilisateurs se retrouvent dans le cercle infernal de la dépendance digitale, celui de la circularité des media sociaux dont le fil est sans fin, cherchant vainement quelque chose qui pourrait potentiellement leur faire du bien.

Marcus Gilroy-Ware cite mon philosophe contemporain préféré – Erich Fromm et son essai « Avoir ou Etre ». Pour faire bref, Erich Fromm relève (en 1967, déjà) que la grande promesse des sociétés industrielles réside dans l’abondance matérielle, une production illimitée permettant une consommation illimitée. Partant, ce type de société privilégie la nature matérielle de l’individu qui possède par rapport à la nature spirituelle de celui qui tente de réellement être.

Le léger souci est que plus on possède, plus on se perd soi-même, tout bêtement parce que le point d’attention n’est absolument pas mis là où il le faut pour atteindre une sérénité humaine et émotionnelle.

Pour paraphraser encore Erich Fromm : le fait que des millions de personnes partagent la même forme de pathologie mentale ne les rend pas sains pour autant.

Tristement vrai, si l’on parle des réseaux sociaux.

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A l’hôtel Lancaster Paris