CHINATOWN

Sorti en 1974, Chinatown a toujours été l’un de mes films préférés.

Grande surprise, il s’agit d’un film noir.

Mauvaise surprise, il s’agit d’un film de Roman Polanski. Polanski, grand réalisateur certes, mais Polanski également petit homme en fuite car accusé aux Etats-Unis d’abus sexuel sur mineur en 1977.

Peut-on séparer l’homme de l’artiste ? Je ne le crois pas, par principe, mais Chinatown est – à mes yeux – un monument cinématographique qui se détache absolument et complètement de Polanski lui-même. Tourné plus de trois ans avant les faits litigieux, le film demeure – à mes yeux encore – miraculeusement exempt de souillure.

Film noir vraiment très très noir, il relate les aventures du séduisant détective privé Jakes Gittes dans le Los Angeles des années 30, alors en pleine sécheresse.

Le film s’inspire de la bien réelle “guerre de l’eau” qui s’est déroulée en Californie dans les années 20 et dont les enjeux politiques et financiers étaient monumentaux.

Jakes Gittes – joué par Jack Nicholson – enquête sur l’effroyable homme d’affaires Noah Cross – joué par John Huston – sur fond de trafic d’influence, corruption, manoeuvres politiciennes et meutres. Il rencontre la fille de Noah Cross, l’impériale et fragile Evelyn – jouée par Faye Dunaway – et en tombe amoureux.

L’atmosphère est lourde, l’ambiance pesante et le twist final est tout simplement terrible.

Point de salut, la noirceur et est partout et étouffe les êtres, principalement les innocents et les victimes.

Rien ni personne n’est ce qu’il prétend être. Derrière les apparences se cachent d’autres réalités.

Derrière les apparences se cache aussi et surtout la douleur et l’on en vient à se demander si la question “être ou paraître” a réellement du sens, puisqu’il faut bien ici paraître pour subtiliser aux yeux d’un monde peu bienveillant les douleurs de son être.

Terrible, vous dis-je, terrible.

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