LAURA

Cette tenue un tantinet rétro et cette superbe suite de l’hôtel Lancaster me semblaient la parfaite occasion de parler de Laura, ce beau film noir porté par la douce beauté de Gene Tierney, réalisé par Otto Preminger en 1944.

Film noir s’il en est : le détective McPherson enquête sur la mort d’une brillante et belle jeune femme, Laura, assassinée dans son appartement par une décharge de chevrotine en plein visage. L’enquête se déroule principalement en huis-clos dans l’appartement de Laura, au gré des rencontres que le détective y fait avec les hommes qui entouraient Laura : Waldo, le journaliste qui a fait de Laura une publicitaire talentueuse et réputée, et Shelby, le bellâtre qu’elle comptait épouser.

Inévitablement, au fil des discussions, McPherson tombe amoureux de la défunte Laura et vient compléter ce triangle amoureux.

Mais pour autant : Laura est-elle vraiment morte ?

Laura est indéniablement un film noir, et pourtant, il en détourne les codes.

Laura n’a, par exemple, rien de l’archétypale femme fatale vénéneuse : elle est au contraire immensément lumineuse, foncièrement bonne, et si elle entraine les hommes vers leur malheur, c’est contre son gré, tout simplement parce que leur amour pour elle n’est pas réciproque. C’est une femme indépendante, qui prend ses propres décisions, de manière encore plus évidente lorsqu’elle aura dépassé son Pygmalion qu’est Waldo.

De la même manière, pas de folle course-poursuite ou de coups de feu à répétition ici : on se désintéresserait presque de l’intrigue policière ici car le film est un huis-clos peut-être policier mais surtout psychologique, qui plante une solide galerie de portraits. Les personnalités dépeintes ne sont d’ailleurs pas follement glorieuses – car plutôt dominés par la jalousie, l’envie et la haine – et seule sort de cette crasse cette femme si lumineuse qu’est Laura.

Laura est un film d’atmosphère, porté par les flashbacks et une voix off d’outre-tombe, qui réussit le prodige de réconcilier deux antagonismes : le crépuscule et la lumière.

 

Robe et ceinture Dior – Escarpins Stella Luna – Pochette Dior – Hôtel Lancaster

Marquis-Paris-Logo-D-7[3]