INDISCRÉTIONS

Ne me demandez pas pourquoi mais cette tenue me rappelle la silhouette de Katharine Hepburn. C’est peut-être le pantalon, l’air faussement masculin de la veste en cuir, le rôle d’aviatrice de Katharine Hepburn dans un film de 1933 – je ne sais pas – mais l’ensemble m’évoque l’allure androgyne et sportive de “the Great Kate”.

Quel personnage, quand on y pense. Ses parents, plus que progressistes, militaient chacun à leur manière pour les droits de la femme – le père étant un médecin en faveur de la pilule, la mère étant une militante féministe. Katharine Hepburn elle-même fut l’une des premières actrices de premier plan à porter des pantalons et à s’affranchir autant que possible des normes sociales. Sa liberté de ton, son indépendance, sa silhouette bien loin des canons de l’époque en ont vite fait une figure pluri-dimensionnelle et avant-gardiste, et c’est encore valable aujourd’hui.

Et puisque l’on parle de cette actrice totalement hors normes, parlons du film “Indiscrétions”, réalisé en 1940 par George Cukor.

Il s’agit là d’une comédie dont l’intrigue est simple : Tracy Lord, jeune femme de la haute-société de Philadelphie, est sur le point de se remarier avec un homme d’affaires, George – totalement insipide. Le premier mari de Tracy, Dexter – incarné par Cary Grant – s’invite à la fête et y introduit un journaliste en mal de potins, Mike Connor – interprété par James Stewart. George, le fiancé insipide, voit sa promise comme une déesse sans défaut aucun, alors que Dexter et Mike voient en elle une femme de chair et sang. Un triangle amoureux se met en place entre Dexter, Mike et Tracy. La fête peut commencer.

Katharine Hepburn avait joué cette comédie sur les planches de Broadway pendant de longs mois avant de la proposer à la MGM. Elle en avait les droits et avait décidé que ce serait ce scénario qui la sortirait de ce que l’on appelait alors la liste du “box office poison”, c’est-à-dire la liste des acteurs devenus peu rentables. Ce fut elle qui choisit George Cukor à la réalisation, même si la MGM lui adjoint deux têtes d’affiches – James Stewart et Cary Grant – afin de sécuriser l’investissement.

Le film fut un succès retentissant, et pour cause.

L’abattage comique de Katharine Hepburn est virevoltant. Nerveuse, agressive, revêche, elle fait face à un James Stewart parfaitement énamouré et à un Cary Grant impérial et flegmatique – avec lequel elle avait déjà joué dans “l’Impossible Monsieur Bébé”.

C’est drôle, furieusement enlevé, et le succès fut tel qu’un remake fut produit par la même MGM seize ans plus tard sous forme de comédie musicale et sous le nom de “High Society” avec Grace Kelly, Frank Sinatra et Bing Cosby.

Les deux versions sont excellentes, quoique différentes. J’ai aujourd’hui préféré celle de la grande Katharine 😉

Veste Massimo Dutti – Pull Fabiana Filippi – Pantalon Banana Republic – Lunettes de soleil Waiting For The Sun