Au contraire du corps masculin, le corps féminin est scruté tout au long de sa vie.
Il est scruté par la société dès l’enfance – la petite fille doit être jolie, l’adolescente doit être féminine et la femme doit être sexy et féconde – jusqu’à la grande invisibilisation de l’âge mature.
Le corps féminin est également scruté par la médecine. L’arrivée des règles donnent souvent lieu au premier rendez-vous gynécologique qui sera le premier d’une longue série et l’arrivée de la ménopause, qui est encore taboue, suscite souvent incompréhension et malaise chez une grande majorité de femmes.
Notre socialisation est à l’origine de ces différences d’appréhension du corps masculin et du corps féminin, comme on l’a vu ici. Tout ceci explique pourquoi le corps féminin est également scruté tout au long de sa vie par… la femme elle-même.
Notre socialisation est également à l’origine de la différenciation des attentes qui pèsent sur les hommes et sur les femmes en termes de comportements.
Cette socialisation différenciée débute dès la petite enfance (jouets, couleurs, centres d’intérêt spécifiques, apparence physique) et s’accentue à l’adolescence par des comportements typiques. Là où les garçons se positionnent plus souvent sur le registre de la confrontation et de la domination du groupe, les filles sont plus enclines à utiliser le langage comme lien social et le soutien affectif comme fondement de relations qualifiées de collaboratives. De fait, beaucoup de femmes développent des comportements tournés vers l’intérieur (ce qui explique la charge mentale), l’écoute, le soutien, l’empathie et la douceur.
À cinquante-ans – l’âge auquel les femmes se déclarent plus heureuses si l’on en croit les sondages, une petite révolution peut se produire. La compréhension du mal-fondé des attentes de la société vis-à-vis de la gent féminine est meilleure, l’éducation des enfants est assurée, et les nombreuses années à jongler entre la recherche d’un épanouissement personnel et la gestion d’une famille qui peut comporter un homme-enfant dont il faut s’occuper également, peuvent créer un effet de saturation qui permet de s’affranchir de certaines attentes sociales dont le bien-fondé est très contestable.
La réalité est qu’à 50 ans ou aux alentours, quand on a un peu de chance, un peu de cerveau disponible et un peu de lucidité, on n’en a plus rien à foutre de ces conneries – pardon my French.
Le fils : Non mais c’est pas possible Maman !
Tu veux quitter Papa et partir avec le voisin.
Non mais on rêve ! C’est pas possible !
La mère: Alors écoute Victor, tu arrêtes. Tu arrêtes tout de suite.
Tu te tais et tu m’écoutes.
D’accord ?
Alors écoute bien :
Tes problèmes de boulot, tes problèmes avec ta femme, tes problèmes de fric, tes problèmes en général et en particulier, moi ta mère, je m’en fous comme de l’an quarante, tu m’entends ?
Je m’en fous, mais alors je m’en fous, je peux pas te dire à quel point je m’en fous.
Je n’en ai vraiment rien, rien, rien à foutre.
Victor: Mais merde c’est pas croyable : ma propre mère se fout de mes problèmes ?
La mère: Je vais te dire encore mieux : non seulement je me fous de tes problèmes, mais je me fous également des problèmes de ta soeur, je m’en fous totalement… Attends, y’a encore plus rigolo : je me fous royalement des problèmes de ton père.
Victor: Mais je rêve ! Ma parole je… je rêve !
La mère: Non, non mon lapin, tu ne rêves pas.
Pendant trente ans je vous ai torchés, nourris, couchés, levés, consolés, tous les trois.
J’ai repassé vos chemises, lavé vos slips, surveillé vos études.
Je me suis fait des monceaux de bile, je n’ai vécu que pour vous, qu’à travers vous.
J’ai écouté toutes vos histoires, vos problèmes et vos chagrins, sans jamais vous emmerder avec les miens.
Alors maintenant, je prends ma retraite.
Toi, il te reste une longue vie devant toi pour résoudre ta crise,
moi il me reste très peu de temps pour résoudre la mienne.
Alors tu permettras que pour une fois je m’occupe de mes affaires avant les tiennes.”
Maria Pacôme et Vincent Lindon dans “La Crise” de Coline Serreau, 1992
Salutaire Maria Pacôme ! Le dialogue, écrit par Coline Serreau il y a plus de trente ans, devrait servir de viatique à toute femme mature. Il y a un temps pour penser aux autres, il y a un temps pour penser à soi. Il y a un temps pour se conformer aux attentes sociétales, il y a un temps pour s’en affranchir.
Le secret d’une maturité bien vécue réside probablement dans l’alignement de ses opinions, de ses sentiments et de ses actions.
Le secret d’une maturité bien vécue réside probablement dans le confort que l’on a à être soi-même, le confort que l’on a à être avec soi-même, le confort que l’on a à être en accord avec soi-même.
De fait, toute adhésion à des normes à la con et toute comparaison deviennent absolument superflues.
Vous avez des rides ? Cela semble logique, et cela devrait plutôt être glorifié que conspué, comme on l’a déjà dit ici. D’ailleurs, avez-vous vraiment envie de retourner à votre vingtaine ?
Vous avez des rides ? Arrêtez avec des skincare routines en 408 étapes : si un produit miracle ôtait par magie les rides, ça se saurait. Une crème de soins est composée de 60 à 95% d’eau, mangez du concombre plutôt. Faites simple, la simplicité est la clé de tout dans la vie : une bonne crème hydratante, du sport, de l’eau : personne n’a besoin de plus. Le reste est du marketing puant visant à l’augmentation des parts de marché.
Vous avez de la cellulite ? Cela semble logique si vous faites partie de la population de type caucasien – 9 femmes sur 10 en ont.
D’ailleurs, breaking news, seules les femmes voient la cellulite, nous avons été dressées pour – les hommes ne la voient même pas, demandez à votre amoureux si vous avez de la cellulite, vous serez surprise de sa réponse.
D’ailleurs, breaking news encore : le gras, c’est la vie. Sans gras, le corps féminin n’est pas en mesure de porter un enfant. Je puis par ailleurs vous assurer que la maturité sur le visage de femmes trop minces a quelque chose de cadavérique.
Enfin, arrêtons de nous comparer les unes aux autres.
En premier lieu, ce qui marche pour l’une ne fonctionnera pas forcément pour l’autre. Le sentiment d’échec qui vient de la comparaison (ça marche pour elle et ça ne fonctionne pas pour moi et c’est forcément de ma faute) n’a pas lieu d’être. À chacune de trouver le mode de vie, le soin visage, le sport, etc qui lui conviendront.
En second lieu, il faut garder une saine distance avec les réseaux sociaux, en particulier Instagram. Ce dernier a probablement affuté un peu plus l’instinct de comparaison que les femmes ont été dressées à avoir.
Grâce à ses filtres et aux diverses retouches qui peuvent par ailleurs être apportées à une photo ou à une vidéo, Instagram propose une fémininité jeune, lisse et très maquillée.
C’est oublier un peu vite que Demi Moore, que j’aime infiniment et que je trouve absolument canonissime, ne ressemble en aucun cas dans la réalité à ses photos et à ses vidéos filtrées sur Instagram.
C’est oublier un peu vite que toutes ces femmes ultra-maquillées sur Instagram ne sortent certainement pas comme ça pour aller au boulot.
C’est oublier un peu vite que toutes ces femmes qui se parent de tenues extravagantes et somptueuses devant la caméra et dans l’intimité de leur chambre ne sortent pas certainement pas comme ça pour aller au boulot.
C’est oublier un peu vite que vous ne croiserez pas ces femmes rêvées d’Instagram dans les rues, dans le métro ou dans votre boulot.
Au-delà des réseaux sociaux et de l’aspect plastique et cosmétique de nos vies, c’est oublier un peu vite que chacun, chacune a son propre chemin de vie et qu’il n’est en aucun cas comparable à celui des autres.
Une fois que l’on a compris tout cela, quelle libération. Il n’y a pas lieu à se conformer, à se comparer – il y a juste à vivre sa vie, son chemin, et c’est très personnel.
Une fois que l’on a compris tout cela, on n’en a plus rien à foutre de ces conneries, pardon my French.










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Le 16 Janvier 2026
