GRANVILLE – HAUTE-VILLE

La Ville-Haute de Granville ferme au Nord l’immense baie du Mont-Saint-Michel et administre les proches iles de Chausey.

Elle est surnommée la “Monaco du Nord”, du fait de sa situation sur la presqu’ile rocheuse du Cap Lihou et de ses liens avec les membres de la famille Grimaldi – qui furent pendant plus de 200 ans les gouverneurs de la cité.

Les fortifications de la Haute-Ville, qui datent de 1440, sont anglaises à l’origine et ont pour objectif d’isoler le Mont-Saint-Michel qui est alors la dernière tête de pont en territoire normand. Pour autant, les troupes françaises prennent la ville en 1442 et de cette date, Granville ne cessera plus jamais d’être française dans une région normande qui reste, elle, anglaise.

En 1492, les Juifs d’Espagne, chassés par le décret de l’Alhambra, arrivent à Granville qui n’admet aucun étranger dans l’enceinte de la Haute-Ville mais qui les autorise néanmoins à s’installer dans la rue qui longe l’enceinte fortifiée – c’est aujourd’hui la rue des Juifs. La ville gagne à cette présence, puisque leur droit de commercer et de prêter de l’argent permet à Granville d’armer une flotte importante.

Sous le règne de Louis XIV, Granville devient une cité corsaire : les navires granvillais ont le droit de pratiquer “la course”. De fait, plus de soixante-dix navires sont armés à Granville, dotés de lettres patentes du souverain qui les autorisent à attaquer et saisir tout navire d’une nation adverse.

En novembre 1793, la Haute-Ville est assiégée par les Chouans, royalistes, qui souhaitent passer en Angleterre. Granville, qui est républicaine, refuse d’accueillir les Vendéens, qui décident de donner l’assaut de la ville. Pour les repousser, les Granvillais prennent le risque de mettre le feu à la rue des Juifs, ce qui met fin au siège – et la Haute-Ville prend temporairement le nom de Granville-la-Victoire.

En 1870, la création de la ligne ferroviaire Paris-Granville signe le destin de la ville qui devient une station balnéaire prisée, dotée d’un hippodrome et d’un golf et fréquentée par les artistes.

La Grande Porte, qui donne sur la rue des Juifs

Notre-Dame du Cap Lihou – Il aura fallu plus de trois siècles pour la terminer. Les premières traces de cette église datent de l’époque anglaise, vers 1440. Les derniers éléments architecturaux datent quant à eux de 1770

L’une des casernes du Roc

Les hôtels particuliers, construits par des armateurs et corsaires, jalonnent la Haute-Ville. À la fois corsaires et Terre-Neuvas, alternant périodes de guerre et de paix avec l’ennemi, les marins de Granville avaient la vie rude. À chaque départ, femmes et enfants n’étaient jamais sûrs de revoir les hommes de la famille, c’est la raison pour laquelle avant chaque campagne de pêche, on fêtait comme il se doit le Carnaval, tradition encore perpétuée de nos jours

On doit aux Anglais la création de la Tranchée, un vaste sillon creusé dans le rocher afin de rendre Granville imprenable par les assaillants lorsque la marée monte. Granville devenait une île deux fois par jour à chaque marée haute

L’église Saint-Paul, de style romano-byzantin, vue de la Haute-Ville

L’église Saint-Paul

Le toit du casino qui est au bout de la plage du Plat-Gousset, vu de la Haute-Ville. La légende veut que le nom de la plage vienne du fait que les touristes, après avoir perdu leur argent au casino, se promenaient en bord de mer avec leur gousset vide, donc plat

Le casino vu de la plage du Plat-Gousset

Patrie de la famille d’industriels Dior, qui a fait fortune dans les engrais, la ville accueille aujourd’hui le Musée Christian Dior.

Le 2 Août 2024