MONT-SAINT-MICHEL

“Le Couesnon dans sa folie a mis le Mont en Normandie. Et quand le Couesnon retrouvera sa raison, le Mont redeviendra breton.”

Le proverbe breton est beau mais il faut avouer que l’appartenance du Mont-Saint-Michel à l’une ou l’autre des deux régions selon les divagations géographiques du fleuve Couesnon n’a aucun fondement, le Mont ayant toujours été normand.

L’histoire du Mont-Saint-Michel débute vers l’an 708 lorsque l’évêque d’Avranches, Aubert, fait élever un sanctuaire en l’honneur de l’archange Saint Michel. Le Mont devient rapidement un lieu de pèlerinage majeur.

Au Xème siècle, les Bénédictins s’installent dans l’abbaye tandis que le village, qui offre le gîte et le couvert aux pèlerins, se développe à l’ombre de l’abbaye en contrebas, jusqu’à atteindre le pied du rocher au XIVème siècle.

Place fortifiée, le Mont-Saint-Michel se révèle imprenable pendant la guerre de Cent-Ans et ses remparts résistent aux assauts anglais.

Après la dissolution de la communauté religieuse à la Révolution, l’abbaye est utilisée comme prison jusqu’en 1863 et c’est ce qui la sauvera de la destruction ou de la vente comme bien national.

Devenue monument historique sous Napoléon III en 1874, l’abbaye fait l’objet de plusieurs campagnes de restauration et les disciples de Viollet-Le-Duc installeront la flèche qui couronne l’ensemble en 1899.

Inscrit depuis 1979 au patrimoine mondial de l’UNESCO, le Mont-Saint-Michel souffre aujourd’hui de son succès et du surtourisme. La Grand-Rue doit absolument être évitée : les maisons, qui se donnent un air médiéval, datent pour la plupart de la fin du XIXème/début XXème siècle et les nombreuses boutiques de pauvre qualité sont baptisées par les connaisseurs de “marchands du Temple”.

Il faut éviter de la même manière le musée maritime et le musée historique : ce sont des établissements privés, onéreux et de qualité médiocre.

Les maires successifs Patrick Gaulois et Éric Vannier ont tous deux des intérêts commerciaux importants sur le Mont et cela s’en ressent. La Mère Poulard, qui appartient à Éric Vannier, a fait des omelettes à la crème une spécialité locale qui peut être évitée. Ma grand-mère normande, qui y travaillait pendant l’Occupation, crachait dans les omelettes lorsqu’elle les savait destinées à des soldats allemands.

Bref. Il est important de vite quitter la Grand-Rue pour prendre les escaliers qui mènent au cimetière et à l’abbaye. Une fois là-haut, l’endroit est de toute beauté.

La flèche n’a été ajoutée qu’en 1899, donnant au Mont son allure triangulaire si typique

Unique entrée du village à l’origine, la Porte du Roi est construite vers 1415. Dotée d’une herse, précédée d’un pont-levis et d’un fossé empli d’eau lors des grandes marées, elle est surmontée par le logis du roi, un appartement qui servait de logement à l’officier représentant le pouvoir royal et chargé par le souverain de garder l’entrée du village. Le cadre rectangulaire situé au-dessus de la porte était autrefois décoré par un relief aujourd’hui estompé, qui représentait les armoiries du roi, de l’abbaye et de la ville

Le cimetière

L’abbaye est un monument unique : son plan ne peut être rapproché d’aucun autre monastère puisque, tenant compte de la forme pyramidale du Mont, les maîtres d’œuvre du Moyen-Âge ont enroulé les bâtiments autour de la roche. L’église abbatiale repose sur des cryptes inférieures qui créent une plate-forme assurant la stabilité de l’ensemble. À l’extérieur, les contreforts sont puissants et les édifices sont de plus en plus légers à mesure que l’on progresse vers le sommet

La citerne de l’aumônerie reçoit une partie des eaux pluviales des toitures de l’église

L’église abbatiale construite entre 1023 et 1085

L’église abbatiale dont la façade a été reconstruire en style néo-classique en 1780

Le merveilleux cloître. Suspendu entre terre et mer, il est par excellence le lieu de méditation des moines et a connu à certaines époques, un jardin de buis en son milieu

La crypte des Gros Piliers. Elle est construite pour soutenir pour soutenir le chœur de l’église abbatiale, à partir de 1446. Les piliers sont tellement rapprochés qu’ils semblent se toucher et cette salle n’est vraisemblablement pas un lieu de culte, plutôt un lieu d’attente des justiciables de l’abbaye

Les jardins de l’abbaye

Les jardins de l’abbaye

L’achat d’un guide est impératif pour visiter le lieu, dont l’histoire est incroyablement riche. Une fois débarrassé des touristes, la Merveille de l’Occident est un lieu magique, qui allie la beauté d’un espace naturel absolument exceptionnel à une architecture follement audacieuse.

Le 19 Juillet 2024