MALMAISON

La Malmaison a beau entrer dans l’Histoire de France en 1799 comme l’un des sièges du gouvernement de Napoléon Bonaparte de 1800 à 1802, il n’en demeure pas moins que ce château champêtre restera encore longtemps intimement lié à son épouse, Joséphine de Beauharnais.

C’est Joséphine qui acquiert sur prêt ce château rustique et ses 260 hectares pour 325.000 francs le 21 avril 1799 – achat confirmé par Bonaparte à son retour d’Égypte – et c’est également elle qui imprimera durablement son goût à la demeure et à ses jardins.

Joséphine et Bonaparte demandent aux jeunes architectes Charles Percier et Pierre Fontaine de mettre la bâtisse au goût du jour, mais leurs ambitions démesurées de reconstruction du château sont vite freinées par Bonaparte qui préfère faire vite et simple.

De fait, les rénovations entreprises par les deux architectes sont ingénieuses.

Ainsi, pour ouvrir le vestibule sur les pièces voisines lors des réceptions, un mécanisme permet de faire coulisser les miroirs dans les murs, transformant la salle de billard et la salle à manger adjacentes en pièces de réception dont le sol en carrelage noir et blanc uniformise l’ensemble des pièces.

Ce choix rend nécessaire d’ajouter un bâtiment en forme de tente, afin d’installer les domestiques qui se tiennent au-devant des salons afin d’accueillir les invités.

De petites pièces sont réunies afin de créer de grandes salles – par exemple la bibliothèque et le bureau de Bonaparte – et les conduits de cheminée sont camouflés dans des colonnes d’acajou décoratives.

Les éléments décoratifs militaires parsèment harmonieusement la demeure et la réunion d’un mobilier commandé aux ébénistes de l’époque font de la Malmaison un exemple absolument unique de style consulaire.

Hélas, l’ampleur des travaux d’aménagement intérieur menacent la solidité des murs du château. Des contreforts rythment donc les façades du château, décorés de statues et de vases provenant de Marly.

A l’étage, la chambre spartiate de Bonaparte contraste avec la richesse de la chambre d’apparat de Joséphine où trône un lit d’une décadence rare.

Les éléments décoratifs militaires parsèment harmonieusement la demeure et la réunion d’un mobilier commandé aux ébénistes de l’époque font de la Malmaison un exemple absolument unique de style consulaire.

Pendant le Consulat, l’étiquette est vite oubliée à la Malmaison, bien loin du palais des Tuileries. Le Premier Consul lui-même participe aux distractions et les soirées sont occupées par des jeux de société ou par la lecture de livres nouveaux. Pour autant, la Malmaison est également le cœur du gouvernement pendant cette période consulaire jusqu’en 1804 avant que Bonaparte choisisse la résidence royale de Saint-Cloud, plus digne de son nouveau rang d’Empereur.

Joséphine revient souvent au « Palais Impérial de Malmaison » pour aménager et agrandir le domaine. L’Empereur y vient encore jusqu’à son divorce d’avec Joséphine en 1809, qui reçoit finalement une pension de 2 millions de livres et la Malmaison en pleine propriété. Joséphine, qui y maintient son train de vie, y reçoit malgré une solitude quotidienne.

Elle y meurt le 29 mai 1814 mais elle aura eu le temps d’aménager l’extérieur pour en faire « le plus beau et le plus curieux jardin en Europe ». De fait, elle recherche activement les espèces rares et exotiques provenant du monde entier et elle introduit 200 nouvelles espèces de plantes jusqu’alors inconnues en France. 250 variétés de roses parsèment ses jardins, si bien que la roseraie de la Malmaison devient une référence de l’époque. Elle fait également construire une orangerie assez grande pour accueillir 300 plants d’ananas. Enfin, des animaux de toutes sortes peuplent le jardin – dont des cygnes noirs.

La Malmaison

Le 15 Juin 2023