DE MAIN DE MAÎTRE

Parlons quelques instants d’un livre qui a probablement orienté quelques choix dans ma vie : “De Main de Maître”. Je ne parle pas ici de la fiction érotique qui fait visiblement un tabac aux États-Unis en ce moment, mais d’un roman publié en 1988 par un auteur australien prolifique, Morris West.

“De Main de Maître” est un roman malin, qui mêle suspens et conte moral sur le marché de l’art. Cet attelage bien étonnant s’explique probablement par le parcours quelque peu atypique de l’auteur, professeur dans une communauté de Frères des Écoles Chrétiennes mais aussi collectionneur et propriétaire de galeries d’art en Australie.

Son héros américain, Max Mather, historien d’art et paléographe d’une trentaine d’années, se laisse doucement bercer par les évènements et vit sur ses acquis, sa culture, son charme et son entregent. Archiviste d’une vieille famille florentine, les Palombini, il devient l’amant de Pia, l’une des héritières. La vie est douce en Toscane. Jusqu’au moment où Pia décède, emportée par une maladie foudroyante.

Pia a eu soin de léguer par testament à son amant américain la possibilité de prendre ce qu’il souhaitait dans le fatras des archives familiales. Or Max y découvre une toile et des dessins jusque-là inconnus qui semblent bien être de la main de du grand maître de la Renaissance italienne, Raphaël. Ces œuvres font bien partie des archives familiales, sont bien conformes à la lettre du testament, mais certainement pas à son esprit – ce que Max ne peut ignorer, au vu de la valeur inestimable des œuvres en question.

Max s’en saisit néanmoins en catimini et déploie une stratégie machiavélique afin de les faire apparaître sur le marché de l’art puis de se les approprier légalement. Au cours de son épopée qui le mène à New-York et Paris, Max sera confronté à un copiste de génie – qui autrefois avait réalisé des copies de plusieurs toiles exécutées par Raphaël, à un meurtre passé jamais résolu et à un commissaire-priseur réclamant le droit à l’euthanasie.

Son butin est-il constitué d’authentiques toiles du grand maître ou de simples copies ? Et dans cette aventure folle qui mêle argent, meurtre, amour et amitié, Max en sortira-t-il grandi et avec les honneurs ?

Morris West nous fait découvrir les arcanes de ce marché de l’art qu’il connait si bien, et c’est passionnant.

Me voici donc devant la vénérable pagode de Monsieur Ching Tsai Loo, marchand d’art, pour rendre hommage à ce roman qui m’avait tant plu, jeune. J’ose croire que je dois à “De Main de Maître” mes accointances particulières avec l’art et… les montages juridiques.

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