BARRY LYNDON

« Barry Lyndon », lorsque l’on parle du film de Stanley Kubrick, ou « Les Mémoires de Barry Lyndon », lorsque l’on évoque le roman de William Tackeray.

Entre les deux, mon cœur balance mais je vais plutôt parler ici du film, tout simplement parce qu’il est picturalement somptueux et qu’au passage, Kubrick est l’un de mes réalisateurs préférés.

« Barry Lyndon », donc, réalisé en 1975, réunit Ryan O’Neal et Marisa Berenson dans ce morceau d’anthologie du cinéma moderne, réalisé en décors d’époque et à la lumière naturelle. La préparation du film demanda une année complète et le tournage lui-même, 300 jours.

Le film, qui ressemble à un tableau en mouvement, retrace de 1750 à 1789 le naufrage social de Barry Lyndon, jeune orphelin irlandais désargenté dont l’ascension et la chute seront spectaculaires.

Sans le sou dans sa jeunesse, il parviendra à se frayer une place de choix dans la société anglaise en épousant Lady Lyndon. Pour autant, ce mariage, qui lui donnera un fils, une fortune colossale et une place de choix dans cette société si fermée, le mènera à la déchéance la plus absolue.

On a souvent glosé sur le cynisme violent dépeint par le film, à tel point que cela a presque déteint sur le personnage de Barry Lyndon.

Certes, Barry Lyndon est tour à tour voleur, déserteur, usurpateur d’identité et opportuniste. Mais à bien y regarder, Barry Lyndon est également sincère – voire naïf – courageux et loyal, et s’il devient par la suite cruel et violent, c’est plus par faiblesse que par pur calcul.

N’étant ni super-héros ni anti-héros, Barry Lyndon est pleinement humain dans ses moments de médiocrité et de bravoure.

Il est en revanche, tout au long de son cheminement, joué par une société déliquescente au sein de laquelle les puissants sont d’un cynisme absolu. Avec Barry Lyndon, Kubrick présente une critique acerbe de cette haute-société mue par ses seuls intérêts, où ne prévalent que bassesses et trahisons.

Au même titre qu’un autre de ses films, la violence pure n’est pas là où l’on pourrait le penser de prime abord et « Barry Lyndon » fait parfaitement écho à Alex, le héros d’Orange Mécanique.

Robe et chapeau par Marcel & Jeannette – Chaussures par Joanna Delys

Au Lancaster Paris