PLEIN SOLEIL

Une tenue parfaitement rétro, un voilier : il ne m’en fallait pas plus pour naturellement filer vers les eaux troubles de « Monsieur Ripley ».

Tom Ripley est un jeune homme orphelin et pauvre. Mandaté par un riche américain qui lui demande de convaincre son fils Dickie de revenir aux États-Unis, le voici sur un voilier fendant les mers italiennes avec cet enfant gâté qui vit trop pleinement la dolce vita en compagnie de sa petite amie Marge.

Le huis clos est rapidement étouffant et la tension, palpable : Marge n’a guère d’amitié pour Ripley, qui lui-même ne souhaite rien de plus que d’endosser la personnalité de Dickie, qui lui-même se lasse de son nouvel ami comme d’un jouet.

Les enjeux psychologiques sont immenses et intenses. Ripley peine à dissimuler sa nature psychopathe sous un vernis de culture et d’intelligence fine, alors que Dickie use et abuse de son charme facile et de son argent.

Sur ce beau voilier, il s’agit bien d’un combat à mort. Mort, il y aura évidemment.

J’ai longuement hésité à parler ici des romans de Patricia Highsmith car la relation entre cette mère et cet enfant de papier a quelque chose de viscéral et de passionnant, mais j’ai finalement décidé d’évoquer deux des films qui sont tirés du roman « Monsieur Ripley », pour leurs beautés picturales, quoique très différentes.

Le premier film est évidemment « Plein Soleil », tourné en 1960 par René Clément, dans lequel la beauté d’Alain Delon, à la fois si lumineux et si sombre, dialogue parfaitement avec l’atmosphère incandescente de soleil et de noirceur qui environne les personnages.

Alain Delon a la beauté du diable. Il incarne parfaitement cet antihéros, ce fauve en cage dont l’appétit, la psychopathie et la tension intérieure laissent pressentir le pire.

Le second film est « Le Talentueux Monsieur Ripley », tourné en 1999 par Anthony Minghella. Les couleurs sont certes plus douces, l’atmosphère un tantinet moins tendue, l’ensemble est probablement plus rond mais précipite inévitablement les personnages vers le drame. Le rendu rétro est une merveille pour les yeux, et Matt Damon est tout simplement excellent.

Voici donc mon évocation de « Monsieur Ripley ». Mais je vous rassure, aucun photographe n’a été assassiné pendant la séance-photo.

Bikini retro Anna Sui – Lunettes de soleil Miu Miu – Foulard Galeries Lafayette