L’ENVERS DU DÉCOR – LIVRE 11

Voici une matinée comme je n’en passe… jamais. Évidemment. Soyons honnêtes.

En semaine, les matins ressemblent – chez moi – plutôt à une course-poursuite très maîtrisée, mais une course-poursuite tout de même.

Les forces en présence : l’ado chérie qui se lève à une heure indécente. La petite princesse de 3 ans qui se lève – pleine d’énergie et d’allant, à la même heure, sous prétexte qu’elle entend du bruit dans la maison, et le petit prince qu’il faut hélitreuiller du lit, car lui se fout bien du bruit dans la maison.

Et moi au milieu.

Moi et mes nuits très courtes, mon envie de rester au lit malgré l’arrivée de la petite princesse qui a plein de choses à faire et à découvrir – et qui vous le fait délicatement savoir (Maman ? Chocolat ?).

Moi, mes cheveux en l’air, mon air absolument hébété et les traces de l’oreiller sur la joue (glamour, quand tu nous tiens…).

Une fois levée, en revanche, c’est affreusement efficace, car il n’y a pas le choix. Le cerveau se met à fonctionner à plein régime – et passe des étapes importantes : s’assurer que l’ado chérie est assez couverte contre le froid, lui demander ce qu’elle affronte dans la journée, s’assurer qu’elle a son portable et ses clés, arriver à lui lancer un “je t’aime” lorsqu’elle sort en coup de vent de la maison, réveiller le petit prince, absorber 15 litres de café, s’assurer que les petits prennent leur petit-déjeuner, ré-absorber 15 litres de café, prendre une douche, ré-absorber 15 litres de café, faire faire leur toilette aux petits et les emballer, pardon, les habiller…

… Et soi-même, sortir, propre certes, mais sans même une crème de jour sur le visage car le temps manquait. Toutes ces petites étapes qui sont autant de petites victoires sur un quotidien hautement pénible. Je pense évidemment très souvent au sketch de Florence Foresti parodiant Bref, sur le school run de la mère débordée par la situation. Et je ris toute seule dans mon café (car moi, j’ai réussi à le boire, contrairement à elle. A peu près 45 litres, donc).

En revanche, une fois sortis pour aller à l’école, tous trois marchant main dans la main, c’est un grand moment. Je m’amuse du regard des personnes que l’on croise dans la rue, qui esquissent invariablement un sourire devant notre équipage souriant et animé. Animé car c’est l’instant que les deux petits choisissent pour poser, en 7 minutes de trajet, mille questions en même temps (… et c’est là où je me demande si je ne suis pas un tantinet schizophrène car je sais maintenant tenir deux ou trois conversations simultanées) sur mille sujets aussi variés que les Pokémon (je pense sincèrement que les créateurs des Pokémon fument autre chose que du tabac pour inventer des noms pareils – imaginez “Je t’échange Grotadmorv contre Noeunoeuf”), les poupées, les dinosaures, cette pétasse de Reine des Neiges (enfin, version Disney car le conte d’origine n’a rien à voir) ou les astéroïdes qui risquent d’anéantir la Terre (mais non, mon Amour, on ne va pas mourir tout de suite).

Je savoure ces moments, je l’avoue.

Mais ils n’ont effectivement et en aucun cas rien à voir avec la matinée tranquille et feutrée que je vous propose ici. Pour cela, j’ai dû m’échapper à l’hôtel. A Paris. Ma propre ville 🙂

 

Pyjama et saut-de-lit Eres

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