SUIS-JE FÉMINISTE ? VOLUME 2

Suis-je féministe ? Toujours pas (pour ceux qui ont raté l’épisode 1, c’est par ).

Je tombe par hasard sur un article de Harper Bazaar titré “Le rôle de mère n’est pas l’emploi le plus important d’une femme”.

L’article est illustré par le cas hautement médiatique d’Amal Clooney, expliquant (i) qu’elle attend des jumeaux de son acteur de mari, George Clooney et (ii) qu’elle a récemment interpellé les Nations Unies en demandant aux dirigeants mondiaux de condamner les génocides commis par Daesh.

Et l’auteur de l’article, Jennifer Wright, de demander au lecteur lequel de ces deux faits lui semble le plus important (parce qu’il fallait choisir, donc).

L’auteur s’insurge contre la pauvreté de la couverture médiatique accordée à Amal Clooney, qui se résume à son petit ventre rebondi de femme enceinte et à la hauteur de ses talons pendant sa grossesse. (Et je m’insurge avec elle, parce que, franchement, ce n’est pas très intéressant et un tantinet réducteur, n’est-ce pas).

L’auteur explique ensuite que, replacées dans notre contexte socio-culturel occidental (et particulièrement américain en l’occurrence), les femmes sont souvent réduites à leurs dimension parentale (et j’invente de ce pas un nouveau terme : « marentale »).

Elle explique que, même si le fait d’être parent est source de joie et de sens de vie, il ne s’agit pas là de l’emploi le plus important qui existe et que ce n’est d’ailleurs même pas, techniquement, un emploi puisqu’il n’est pas rémunéré.

Que, bien que le rôle soit très satisfaisant, « produire » une jeune personne n’est pas, nécessairement, la plus grande contribution que l’on puisse faire à ce monde. (Si, à titre personnel, je « produis » le sauveur du monde, je serais relativement assez mesurément modérément contente. Même non payée, je prends le job, parce qu’il faut voir un peu au-delà de sa propre petite personne, que l’on « produise » ou non, d’ailleurs, parlons-en à Mère Theresa, à l’Abbé Pierre ou à Nelson Mandela. Si j’extrapole sur l’adage « Sauve une vie et tu sauves le monde », j’en arrive à la maxime « Change une personne et tu changes le monde, que cette personne soit ton enfant, ton boss, ton ami ou ton ennemi »).

Que lorsque l’on en vient aux hommes, « l’emploi le plus important » se rapporte assez souvent à la Présidence ou à une marche sur la Lune (« enfin, quelque chose de vraiment important, vraiment », je cite). Et de conclure encore que «  les emplois les plus importants sont ceux qui sont accompagnés de respect et de pouvoir. Si le fait d’être parent était cet emploi, les hommes ambitieux se démèneraient tous pour être le meilleur père du monde ».

WELL, WELL, WELL.

Le pire est que je crois comprendre parfaitement d’où vient l’auteur et où elle veut en arriver. Mais tout cela ne me semble absolument pas digéré. C’est le niveau zéro du féminisme du futur.

Si le rôle parental n’est pas l’emploi le plus important, quel rôle est le plus important ? Et de manière beaucoup plus intéressante finalement : pourquoi Dieu faut-il qu’il y ait un rôle plus important que les autres ?

Accorder une prééminence quelconque à un rôle plutôt qu’à un autre me semble le meilleur moyen de devenir un être humain incomplet. A titre personnel, je suis une mère certes, mais je suis aussi une amie, une amante, une sœur, une fille, un avocat et c’est l’équilibre entre ces différents rôles qui fait de moi un être humain dans sa plénitude. Chaque rôle nourrit l’autre. J’ai, par exemple, probablement plus d’aptitude à être une mère potable parce que je convoque régulièrement la petite fille ou l’adolescente que j’ai été. Je suis, potentiellement, une bonne amante parce que je fais une amie honorable.

J’ai des ami(e)s qui n’ont pas d’enfants, et qui sont pour autant des êtres humains complets. J’ai des connaissances qui sont parents et qui sont des êtres humains absolument déséquilibrés (oui, eux, on les range dans la catégorie “connaissances” parce que je n’ai pas trop de temps à perdre avec des personnes incomplètes). Et je connais des avocats brillantissimes qui sont des personnalités affreuses sur un plan humain.

Je ne pense pas que les emplois les plus importants soient ceux qui viennent avec respect et pouvoir. Il s’agit là d’attributs qui n’ont rien à voir avec la substance même d’un emploi. Se référer à de tels attributs me semble affreusement “genro-centré”, puisque ce sont des attributs que l’on confère en général aux hommes et non pas aux femmes.

Je crois sincèrement qu’il nous (hommes et femmes) faut sortir de ce cercle infernal de l’appropriation des codes masculins, qu’une partie de la population féminine veut assimiler envers et contre tout alors qu’une troisième voie – à définir – est toujours possible.

Celle de la plénitude de l’être humain, qu’il soit homme ou femme.

 

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