DRÔLE DE FRIMOUSSE

Est-ce que « Drôle de Frimousse » est drôle ? Non, même pas.

“Drôle de Frimousse”, réalisé par Stanley Donen en 1957 et réunissant Audrey Hepburn, Fred Astaire et George Gershwin pour la musique, est peut-être une comédie musicale iconique mais franchement, le film a mal vieilli. Il est censé être un classique, mais je n’y vois qu’un film daté qui m’a souverainement ennuyée.

L’histoire est simple : Maggie Prescott (jouée Kay Thompson) est la terrifiante directrice d’un magazine de mode new-yorkais (« Le Diable s’habille en Prada » avant l’heure), et elle recherche férocement la future tendance. Maggie et son photographe de mode Dick Avery (interprété par Fred Astaire) se retrouvent dans une librairie de Greenwich Village pour y faire une séance-photo. Dick réalise rapidement que Jo (incarnée par Audrey Hepburn), la jeune femme intello qui tient la librairie, pourrait être la nouvelle ambassadrice du magazine. Dick et Jo s’en vont à Paris, prennent plein de photos et tombent amoureux. Évidemment.

Le scénario de “Drôle de Frimousse” est aussi fin que les cheveux de ma fille cadette. Les personnages sont totalement inconsistants et le tout est masqué par les nombreux numéros de danse et de chant, longs comme des jours sans pain et sans fin.

La musique de Gershwin est tellement entrainante qu’on ne s’en souvient pas une fois le film fini.

Les numéros de danse n’impressionnent personne, ce qui est fort dommage pour une comédie musicale.

Et cerise sur le gâteau, Fred Astaire ne fait même pas de claquettes. La claquettiste que je suis rend l’âme 😉

Le personnage joué par Audrey Hepburn est une jeune femme moderne qui se bourre le crâne avec un intellectualisme parisien ronflant présenté de la manière la plus ridicule possible.

Jo est censée être un vilain petit canard habillé d’un sac à patates au début du film mais on reste quand même bien loin de « Ugly Betty », n’est-ce pas. Les spectateurs doivent adhérer à l’idée selon laquelle Jo a une drôle de bouille, mais franchement, qui peut oublier que Jo a le visage d’Audrey Hepburn ?

C’est ça, personne.

La romance entre Audrey Hepburn et Fred Astaire est aussi convaincante que l’altruisme de Staline. Elle en devient même glauque, si l’on considère leur différence d’âge (Audrey Hepbun avait 28 ans, Fred Astaire 58 à l’époque) amplifiée par la silhouette plus que juvénile d’Audrey Hepburn et l’allure mincissime et fragile de Fred Astaire. En bref, on dirait son grand-père.

Les photos prises par Richard Avedon (consultant sur le film et inspiration lointaine du personnage incarné par Fred Astaire), la danse beatnik d’Audrey Hepburn dans un café parisien et les tenues signées Givenchy sont les seuls mérites que je retiens de ce naufrage cinématographique.

Kay Thompson, qui travaillait d’habitude comme directrice musicale, est pour une fois devant la caméra pour incarner les apparitions énergiques de Maggie, dont le personnage est inspiré de Diana Vreeland.

Selon la légende, Diana Vreeland avait autrefois envoyé un mémo à son équipe de Vogue selon lequel il fallait penser « rose ! ne serait-ce pas merveilleux d’avoir des bas roses ? de la couleur des porcelets, pas vraiment blanc, pas vraiment rose ?« 

Ceci explique le numéro de danse « Think Pink! » exécuté par Kay Thompson dans « Drôle de Frimousse ».

On va s’en tenir à cela, n’est-ce pas. Je vous présente donc ici ma meilleure version du « total look » rose 😉

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