50 EST LE NOUVEAU 30 (ASKIP)

J’aimerais bien retrouver le crétin qui a dit que “50 ans, c’est le nouveau 30 ans”, j’aurais deux mots à lui dire.

J’ai 51 ans et je n’ai ni la vision, ni la DA, comme dit ma petite chérie de 12 ans.

(*DA : direction artistique, faut se mettre à la page)

Il est vrai que les 50 ans d’aujourd’hui n’ont rien à voir avec les 50 ans de nos ainés. Nous bénéficions d’une meilleure santé, d’une plus grande espérance de vie et de plus d’opportunités sociales, émotionnelles et professionnelles que nos aïeux.

Et si l’on doit comparer avec nos 30 ans, nous bénéficions souvent d’une plus grande stabilité financière, d’un réseau personnel et professionnel plus développé et – de manière générale – d’une plus grande stabilité.

Notre expérience de vie nous permet souvent de mieux appréhender les difficultés, de prendre de meilleures décisions et d’avoir plus de recul sur la vie.

Mais c’est aussi la période charnière au cours de laquelle nous appréhendons pleinement l’idée de mortalité. La nôtre et celle de nos ainés. Notre santé peut commencer à donner des signes de faiblesse – elle suppose en tout cas plus d’attention qu’à 30 ans – et nos parents deviennent peu à peu dépendants.

Une de mes meilleures amies vient de perdre sa mère, une autre s’inquiète constamment pour la sienne qu’elle appelle chaque jour. Je suis moi-même rongée par une inquiétude sourde et latente quant à la santé de Madame Mère, qui commence à devenir fragile. La mère de l’un de mes ex est récemment devenue veuve, seule à gérer une immense ferme isolée en Irlande à 90 ans. La mère d’un autre ex a dû être placée en EPHAD pour assurer sa propre sécurité – une infirmière à domicile ne suffisant pas.

Quel crève-cœur.

Ajoutons à cela des adolescents qui, au mieux demandent une attention permanente, au pire font des conneries, et je vous donne la génération sandwich, celle des cinquantenaires qui jonglent entre leurs parents et leurs adolescents – alors même que leur propre vie reste souvent… très active.

L’inquiétude et le souci de l’autre – en sus du sien propre – dominent la génération sandwich.

Sommes-nous en cela différents de nos aïeux ? Oui, car nos parents vivent plus longtemps que leurs propres aïeux, et que nos enfants suivent en général des études plus longues que les anciennes générations. Nous voici de fait, à la cinquantaine, à nous débattre entre d’intenses réflexions quant à la stratégie à mettre en place pour les études supérieures (Parcours Sup, outil du Diable) de nos grands ados et des questionnements quant au meilleur soin à apporter à nos aïeux.

Disons que la légèreté ne domine pas.

Que faire ?

Accepter pleinement la mort – la sienne et celle des êtres aimés. Se dire que c’est le cycle naturel de la vie, qu’il n’y a pas de vie sans mort, et qu’on ne meurt bien que si l’on a bien vécu.

Privilégier l’essentiel. Balayer le futile, le tiède, l’inintéressant, le toxique.

Se dire que l’on fait au mieux de ses capacités à ce moment-là et ne pas se fustiger à propos d’arbitrages imparfaits.

Profiter pleinement du temps présent. Ne pas se soucier en permanence d’un passé chargé de regrets ou d’un futur empli d’inquiétudes.

Vivre avec intention.

Pour paraphraser Carl Jung, qui a beaucoup écrit sur la maturité, l’erreur est probablement de vouloir vivre ses 50 ans avec les mêmes attentes et objectifs qu’à 25. Nous changeons en permanence et il faut tout simplement l’accepter. L’âge de la maturité suppose un accomplissement personnel bien éloigné des accomplissements égotiques et superficiels de la jeunesse.

Oui, vivons le présent avec intention.

Et puis allons boire un Spritz, parce que, pourquoi pas.

Pantalon vintage – Pull Soaked – Ceinture Dior – Chaussures Pretty Ballerinas – Sac à main Valentino – Lunettes de soleil Chanel

Le 12 Juin 2026