L’exposition “Paris, Capitale de la Perle” qui se tient L’École des Arts Joailliers jusqu’au 1er juin 2025 présente une centaine de pièces de joaillerie issues des collections du Musée des Arts Décoratifs, de Albion Art, du Petit Palais, des maisons Cartier, Fred ou encore Van Cleef & Arpels.
La participation de Van Cleef & Arpels est d’ailleurs plus large puisque l’École des Arts Joailliers, qui a pour objectif de diffuser la culture joaillière à travers le monde en proposant des cours, des conférences et des expositions temporaires, a été fondée par la maison de joaillerie parisienne. Forte de son succès, l’École des Arts Joailliers s’est installée en 2024 sur les Grands Boulevards parisiens, dans l’hôtel de Mercy-Argenteau, un hôtel particulier du XVIIIe siècle.
L’exposition “Paris, Capitale de la Perle” retrace l’histoire de l’intense commerce de la perle au XIXème siècle, entre le golfe arabo-persique et la France.
Faute de comprendre le processus de création de la perle, l’humanité y a longtemps vu le signe d’une intervention divine. Baptisée “larme d’Aphrodite” par la Grèce antique, elle est considérée dans la Rome antique comme un symbole de richesse et de pouvoir détenu par les familles romaines les plus riches, qui achètent une à deux perles par an pour leur fille, celle-ci se voyant offrir à sa majorité une rivière de perle.
La région du golfe arabo-persique est une provenance de choix en matière de perles, au point que cette spécificité est inscrite sur les cartes géographiques dès la Renaissance. Sa rive occidentale se distingue en effet par l’importance du nombre de bancs d’huîtres perlières qu’elle concentre.
Symbole de pouvoir qui envahit autant les églises catholiques que les cours royales, la perle connaît son âge d’or en Europe aux XVIème-XVIIIème siècles.
À Paris, la perle est étroitement associée dans la seconde moitié du XIXème siècle à l’esthétique orientaliste. Dès la fin des années 1860, la majorité des perles pêchées dans le golfe arabo-persique est progressivement acheminée vers Paris où elles y sont alors percées puis enfilées ou montées par les maisons joaillières les plus prestigieuses de la rue de la Paix et de la place Vendôme.
Inspiré par les formes extrême-orientales et la nature, l’Art Nouveau s’empare de la perle et s’intéresse aux variétés les plus baroques. Les années 1910 sont marquées par l’explosion du marché parisien de la perle. Les frères Rosenthal sont les tous premiers marchands parisiens à se rendre à Bahreïn, régnant sans partage sur la région, jusqu’à l’arrivée du joaillier Jacques Cartier en 1912, qui est accueilli en véritable dignitaire.
Après la Première Guerre Mondiale, la frénésie perlière continue de battre son plein à Paris. Tandis que certains marchands se retrouvent à la tête de véritables empires commerciaux, de nouveaux acteurs émergent, attiré par l’insolent essor d’un marché que rien ne semble pouvoir ébranler.
Si la valeur des perles en France n’a jamais été aussi élevée, c’est aux États-Unis que la demande en perles se fait la plus forte. En 1917, Pierre Cartier obtient son hôtel particulier new-yorkais de la 5e avenue en échange d’un collier de deux rangs de 65 et 73 perles.
Véritable symbole des Années Folles, la perle ne cesse d’inspirer l’ensemble des joailliers parisiens mais également les artistes au sens large : de l’opéra à la littérature en passant par la musique et la peinture, tous semblent en effet être atteints d’une même perlomanie.
L’exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes organisée à Paris en 1925, relance de plus belle la perlomanie qui enfièvre alors sur Paris.
Amorcé par la crise économique de 1929, le crépuscule du règne parisien de la perle viendra véritablement avec la Seconde Guerre Mondiale et la déportation des marchands juifs de la rue La Fayette. La Seconde Guerre Mondiale porte un coup fatal aux échanges entre la France et le Golfe. Nombre de négociants français redirigent alors leurs activités vers les perles de culture.
Mellerio – 1865
Froment-Meurice – 1870
Vever – 1900
1920
Van Cleef & Arpels – 1924
1925
Van Cleef & Arpels – 2011
Van Cleef & Arpels – 1930 – Templier – 1936
Dusausoy – 1930
1890
Cartier – 1907
Templier – 1900
Le 9 Mai 2025
