“Le Barman du Ritz”, le roman historique de Philippe Collin, retrace de manière fictionnelle le destin parisien du très réel barman qui officia pendant la Seconde Guerre Mondiale derrière le bar du palace de la place Vendôme, Frank Meier.
Lorsque le conflit éclate, Frank Meier est déjà une célébrité dans le monde de la mixologie. Autrichien de naissance, il a émigré vers l’âge de 15 ans à New York où il s’est fait un nom au bar de l’hôtel Hoffman House mais est néanmoins revenu en Europe pour combattre dans la Légion Étrangère auprès des soldats français lors de la Première Guerre Mondiale.
Il officie au Ritz depuis 1921, publie en 1936 un ouvrage qui devient une référence dans le monde de la mixologie “l’Art du Cocktail” où il dévoile quatre-cents recettes de cocktails, et son affabilité légendaire en fait la coqueluche de la haute-société parisienne. Son expertise lui permet d’être nommé président de l’association des barmans de France, et son train de vie plus que confortable est assuré par son salaire, ses pourboires et les prestations extérieures qu’il exécute à l’ambassade américaine ou chez Francis Scott Fitzgerald.





La belle trajectoire de ce Français d’adoption est anéantie par la Seconde Guerre Mondiale. Le Ritz, qui est occupé par la Luftwaffe en juin 1940, bénéficie d’un statut particulier : il n’est en effet pas totalement réquisitionné, grâce à la nationalité de ses propriétaires suisses, donc neutres – César et Marie-Louise Ritz. Hermann Göring s’attribue la suite impériale, entrainant avec lui des hauts gradés nazis, mais le palace parisien continue par ailleurs à recevoir ce qui reste de sa clientèle habituelle.
C’est une faune bien bigarrée qui évolue entre les murs du Ritz, dont le bar de Frank Meier devient rapidement l’épicentre. Les nazis, les collabos, les marchands d’art qui pillent les œuvres d’art et les résidents de l’hôtel comme Gabrielle Chanel frayent sans le savoir avec des résistants cachés dans les chambres de bonne de l’hôtel, des personnalités allemandes comme Inga Haag qui projettent d’assassiner Hitler dans le cadre de l’opération Walkyrie ou encore des résistants dont la position sociale est pourtant en pleine lumière comme l’épouse du directeur, Blanche Auzello.
Être barman c’est être chimiste et psychologue.”
Frank Meier
Frank Meier, qui parle l’allemand, le français et l’anglais, sait observer et écouter et se retrouve involontairement à la direction d’un bar qui se transforme au fil des mois en un théâtre d’ombres mortelles.
Un théâtre d’ombres mortelles pour Frank Meier lui-même, d’ailleurs – puisque celui-ci cache sa judéité.









Philippe Collin dépeint, à travers le journal fictionnel de Frank Meier, la valse des faux-semblants qui se déploie sous les yeux d’un barman aux abois qui se retrouve involontairement dans l’œil du cyclone nazi.
NDLR. Me voici donc au Ritz et plus particulièrement au Bar Hemingway, qui ne fut baptisé ainsi qu’en 1994. Le bar de Frank Meier était auparavant le Petit Bar, le premier bar de luxe de la capitale ouvert aux femmes, qui pouvaient y venir sans être accompagnées.







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Le 5 Avril 2025
