EXPOSITION – DOLCE & GABBANA

L’exposition itinérante “Du Cœur à la Main : Dolce & Gabbana” présentée au Grand Palais jusqu’au 31 mars 2025, succède à son immense succès lors de son lancement au Palazzo Reale de Milan. Les deux-cent-vingt pièces de haute-couture qui y sont présentées retracent les influences culturelles et artistiques italiennes qui irriguent le travail des deux créateurs. C’est opulent, c’est décadent, c’est délirant.

Chaque pièce rend hommage à une facette de la culture italienne, qu’il s’agisse d’architecture, d’histoire de l’art, de danse, d’opéra, de cinéma ou de cuisine.

Née en 1983, Dolce & Gabbana consacre la rencontre du sicilien Domenico Dolce et du milanais Stefano Gabbana. Même si c’est Dolce qui a grandi dans un foyer tourné vers la mode – son père était tailleur et sa mère vendait du tissu – c’est Gabbana qui lui apprend le dessin et les rouages du secteur de la mode. Leur alliance se noue dans un premier temps au sein d’un studio de conseil en stylisme et se concrétise par la création de la maison en 1985.

Leur collection automne-hiver 1986 qui séduit autant les critiques de mode que les investisseurs. Ils puisent leur inspiration dans le cinéma italien et leurs tissus fétiches deviennent rapidement la dentelle et la soie, qui le sont toujours à cette date.

Leur identité créative tient plus à l’héritage exubérant et opulent du sicilien Dolce que de l’élégance feutrée de Milan. De fait, la Sicile irrigue leurs créations, comme les citrons ou les céramiques en majolique. Leurs détracteurs estiment que Dolce & Gabbana joue en permanence sur les archétypes d’une Italie rêvée, de la dolce vita, du farniente et d’une Italienne callipyge et désirable – ce qui n’est pas faux.

C’est souvent décadent – comme eux d’ailleurs, qui sont habitués aux controverses.

Les deux stylistes sont condamnés en juin 2013 pour fraude fiscale, pour un montant estimé à près d’un milliard d’euros, à un an et huit mois de prison et 500.000 euros d’amende. En réaction à ce verdict, les stylistes ferment toutes leurs boutiques de Milan pendant trois jours, affichant sur leurs devantures “Fermé pour indignation”. Ils sont finalement condamnés en appel à 18 mois de prison et 500.000 euros d’amende.

Leur campagne de publicité 2018 est un tantinet raciste, puisqu’elle met en scène une mannequin chinoise qui tente maladroitement de manger une pizza avec des baguettes et un cannolo, accompagnée d’une voix off masculine lubrique. Les réactions sont virulentes et Dolce & Gabbana met plusieurs années à réinvestir le marché chinois qui lui avait fermé ses portes suite au scandale.

Faut-il séparer l’homme de l’artiste, comme le veut la formule consacrée ? Non, au contraire : il faut savoir s’émerveiller de la beauté créative tout en restant parfaitement conscient de ce qu’il peut y avoir derrière.

Exposition Dolce & Gabbana

Le 14 Mars 2025