EASY VIRTUE

“Easy Virtue” est une comédie savoureuse réalisée par Stephan Elliott en 2008. Tiré de la pièce de théâtre de l’inénarrable Noël Coward de 1924, le scénario avait déjà été adapté pour le grand écran en 1928 par Sir Alfred Hitchcock mais cette précédente version était un film muet, ce qui est bien dommage puisque les réparties sont nombreuses.

Larita Huntington (Jessica Biel) est une pilote de course américaine à la fin des années 20. Trentenaire célibataire, elle est aussi libre et indépendante que le laisse supposer sa nationalité. À l’issue du Grand Prix de Monaco – qu’elle gagne – elle rencontre John Whittaker (Ben Barnes) pour lequel elle a le coup de foudre. John est très jeune, et John est très anglais. Ressentant un profond coup de foudre, ils se marient sur la Côte d’Azur avant de rejoindre en Angleterre la famille de John, que Larita ne connaît pas.

Le choc des cultures, des classes sociales et des personnalités ne tarde guère. La mère de John, Veronica (Kristin Scott Thomas) gère d’une main de fer (et sans gant de velours) tant le domaine que ses deux filles Hilda et Marion qui tournent vieilles filles. Son mari Jim (Colin Firth) cache son désenchantement derrière un sarcasme permanent.

Larita, qui espérait que cette visite serait de courte durée, voit les semaines défiler, subissant d’une part la détestation grandissante de Veronica et ses filles pour cette Américaine mal née et éblouissante, d’autre part l’infantilisation progressive d’un jeune mari qu’elle ne connaît finalement pas si bien que ça.

Au contraire, Jim éprouve de la sympathie pour cette âme pleine, entière et vivante qui apporte un vent de fraicheur dans un environnement compassé, aigri et sans grande bienveillance.

L’amour l’emportera-t-il ? Rien n’est moins sûr.

Jessica Biel incarne une Larita flamboyante et lumineuse, Colin Firth campe parfaitement le gentleman désabusé, Kristin Scott Thomas est la belle-mère que vous ne voudriez jamais avoir. Le film est émaillé de plusieurs chansons de jazz, dont certaines ont été composées par Noël Coward lui-même. La bande-son comporte également des chansons contemporaines, retravaillées en version jazz et c’est délicieusement cocasse.

L’ensemble est savoureux, transgressif et drôle – malgré des critiques pourtant peu amènes à l’époque.

NDLR. Je n’ai certes pas la flamboyance de Larita mais j’ose croire qu’elle n’aurait pas renié cette sublime robe verte.

Robe Gucci – Sac à main Lanvin – Lunettes de soleil Miu Miu – Ballerines Repetto – Ceinture vintage Valentino

Le 24 Mai 2024