STIMULI PERMANENT

Qu’on le veuille ou non, le divertissement, que dis-je, la diversion offerte à nos yeux fatigués est permanente. Nous n’avons jamais eu autant de raisons de nous divertir avec ennui. Les réseaux sociaux et les plateformes de contenus vidéos – Netflix, Disney +, Prime Video et j’en passe – nous happent dans des puits sans fond dont il est bien difficile de s’extraire.

On ne choisit plus son contenu, on le subit. On ne recherche pas un film qu’on souhaiterait voir, on se dit plutôt, devant des propositions ou des algorithmes personnalisés : “oh oui, pourquoi pas”.

La qualité des contenus est très variable mais leur point commun est qu’ils sont aussi vite oubliés qu’ils sont consommés.

Les séries proposées par les plateformes de contenus vidéos sont avalées en quelques jours et sont oubliées encore plus vite – je vous mets au défi de vous souvenir de chaque rebondissement de “Squid Game” ou d’“Euphoria” (et encore, je parle ici de bonnes séries).

Car avec la fast-fashion vient le règne du fast-content. C’est souvent expéditif, c’est souvent moyen, c’est souvent jetable, c’est souvent oubliable.

Et ce sont hélas souvent le vide et l’ennui qui nous mènent vers des réels Instagram ou des séries à rallonge qui auraient pu durer une heure trente – et ce sont souvent le vide et l’ennui qui nous envahissent une fois ces contenus consommés.

(Car on parle bien de consommation, ne nous leurrons pas).

Quand on a 49 ans, que l’on a grandi sans écran, qu’on le sait et que l’on se discipline, ce n’est pas trop grave.

En revanche, quand on a 49 ans et que l’on est parent de jeunes adolescents nés avec un écran en lieu et place de hochet, cela peut vite devenir problématique. Les écrans, le fléau moderne du parent du XXIème siècle, sont devenus le défi permanent que doivent relever les parents d’aujourd’hui.

Que faire ?

Donner l’exemple. Un adolescent ne fera pas ce qu’on lui dit de faire, mais fera ce que ses parents font. Un parent collé à son téléphone n’aura aucun chance de voir son adolescent adopter une relation saine avec le monde digital et son propre téléphone.

Par conséquent, ne pas démarrer sa journée avec son téléphone en main dès le réveil. Interdire à quiconque dans la maisonnée de démarrer sa journée avec son téléphone en main.

Limiter le temps d’écran journalier – le sien et celui des autres – quitte à installer des applications qui ne permettent plus l’accès à certaines applications, passé un certain temps.

N’autoriser que certaines applications ou certains types de contenus – en évitant absolument les réseaux sociaux. Orienter l’attention vers des films ou des séries qui pourront faire l’objet de discussions familiales ultérieurement.

Forcer son adolescent à s’ennuyer. Afin qu’il trouve par lui-même d’autres types de stimuli. L’un des risques à décoller son ado de son écran est de devenir soi-même, sans le vouloir, une source alternative de divertissement qui doit proposer un musée, un jeu, une activité en lieu et place d’un contenu digital.

Sortir, s’aérer, sans but particulier. Ne pas rechercher le stimuli, accueillir le silence, le vide (même si le vide n’existe pas) car le vide mène à d’autres choses.

Expliquer, toujours expliquer les risques, les tenants et les aboutissants du monde digital pour que les futurs adultes que nous élevons prennent par eux-mêmes conscience de la problématique.

C’est une lutte quotidienne. Elle dure longtemps et est exténuante. Mais il faut bien la mener, nous n’avons guère le choix.

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Le 1er Décembre 2023