LES INVALIDES

Les Invalides dominent absolument le paysage parisien et réunissent plus particulièrement deux moments forts de l’histoire moderne française : les règnes de Louis XIV et de Napoléon, mes deux dictateurs français préférés (en quelque sorte).

Cet immense complexe architectural réunit certes un nombre impressionnant de monuments, mais également plusieurs musées, le tout dédié à l’histoire militaire française. Pour autant, les Invalides étaient au départ un hôpital et une maison de retraite dédiés aux invalides et aux vétérans de guerre.

Pour de pures raisons politiques, Louis XIV ordonna en 1670 la construction de ce complexe architectural voué à accueillir les vieux soldats, au milieu de ce qui n’était pas du tout Paris à l’époque, la Plaine de Grenelle. C’est d’ailleurs assez amusant d’essayer d’imaginer ce bâtiment tellement parisien, perdu au milieu de la campagne, sans aucun bâtiment en vue aux alentours.

 

 

Les Invalides comprennent notamment quinze cours, dont la plus connue est la Cour d’Honneur, utilisée pour les parades et cérémonies officielles. Elle fut aussi utilisée pour des moments moins glorieux, comme la cérémonie de dégradation du capitaine Dreyfus, en 1894, un moment de honte absolue dans l’histoire française moderne.

 

 

L’église des vétérans, la seule église en France autorisée à présenter au sein de sa nef des drapeaux, est connue sous le nom de Chapelle Saint Louis, et la présence quotidienne des vétérans à chaque service était obligatoire.

 

 

La Chapelle Saint Louis fut complétée en 1708 par une chapelle royale privée, la plus grande de Paris, connue sous le nom de Dôme des Invalides, et largement inspirée de la basilique Saint Pierre à Rome.

De cette manière, le roi pouvait assister simultanément à la même messe que les vétérans, mais en empruntant des entrées différentes, comme cela l’était requis par l’étiquette de la Cour.

 

 

Les deux églises sont séparées par un mur de verre, mais la continuité entre les deux est évidente.

 

 

Cette séparation a été accentuée au 19ème siècle, avec les travaux de la Chapelle du Dôme, qui devait accueillir le tombeau de Napoléon. En effet, en 1840, Louis XVIII organisa le retour de la dépouille de Napoléon Ier, afin de bénéficier de la nostalgie populaire liée à l’Empire.

Le tombeau et sa présentation sont absolument monumentaux, dans une crypte ouverte, afin que chacun puisse voir le sarcophage.

 

 

La Chapelle du Dôme présente également le tombeau d’autres héros de guerre, tel que Lyautey. Une fois encore, l’ensemble est monumental, les Invalides étant l’épicentre de la puissance militaire de la France. Mais il est toujours curieux de penser que cette puissance militaire tellement bien mise en scène côtoie ces invalides et vétérans de guerre. Force et faiblesse réunies en un même lieu.

 

 

Aujourd’hui encore, le complexe des Invalides est un hôpital militaire.

 

 

J’ai toujours un peu de réticence à m’intéresser à l’histoire militaire, synonyme à mes yeux de boucherie et de mort, mais le bâtiment en tant que tel est une merveille et vaut définitivement le détour.

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