L’ENVERS DU DÉCOR

Devant la Comédie Française, Place Colette, à Paris. Cette place a beau porter le nom d’un de mes écrivains préférés, je l’ai détestée ce matin-là, Dieu qu’on a eu froid. Et ce n’était que le commencement d’une journée étrange…

Imaginez-vous. Vous êtes avocat. Mais vous avez aussi décidé de lancer votre blog mode. C’est vrai, en somme, entre un travail quelque peu prenant et trois enfants, vous avez le temps.

Bien.

Vous démarrez à 6 heures 30 pour lever l’ado chérie, qui débute ses cours à 8 heures. Entre les questions existentielles de ladite ado chérie et la préparation du petit-déjeuner, vous tentez (vainement) de vous préparer. Vous préparer : pas du tout pour le shooting, que l’on soit bien d’accord. A 6 heures 30 du matin, personnellement, je suis court-termiste. Vous préparer pour le fatidique “school run” (habiller les enfants, s’apercevoir dans la rue qu’ils ne sont pas coiffés, et d’ailleurs vous non plus, et que vous les avez plus “emballés” qu’ “habillés”).

Bref.

Une fois rentrée du “school run”, vous commencez à vous colorier le visage. Parce qu’un shooting photo nécessite beaucoup de coloriage (enfin, selon moi, qui me maquille très légèrement dans la vie… appelons-là… “de tous les jours”).

Et c’est à ce moment-là que vous vous retrouvez Place Colette, en train de mourir de froid, parce qu’il fait -15 (J’exagère. A peine, il faisait 5 degrés), qu’il pleut des trombes, et que les collants, je cite, “c’est moche sur les photos” – dixit une amie.

Mais ça encore, c’était le meilleur moment !

Après, il a fallu enchainer avec le “work run”. C’est-à-dire courir vers les emails, le téléphone, répondre aux urgences, gérer trois reunions-fleuves d’avocat pas du tout rigolotes où tout le monde est mécontent. Tout cela toujours coloriée. Et sans collants.

Mais ça encore, c’était le meilleur moment !

Après, il a fallu enchainer une visite au Centre de Vaccinations Internationales pour vacciner mon fils de cinq ans contre la fièvre jaune, car le jeune homme part en vacances au Rwanda avec son père (Pas banal, hein. Oui. Je). Tout cela toujours coloriée. Et sans collants.

Mais ça encore, c’était le meilleur moment !

Après, il a fallu enchainer avec le retour à la maison, le bain des enfants (enfin, l’ado chérie, elle se débrouille toute seule, je vous rassure), le repas et les inévitables questions qui débutent invariablement par “Maman ?” et qui concernent – tout autant invariablement et au choix : Hello Kitty, les Pokemon ou les grandes questions existentielles qui agitent ce bas, très bas monde. A ce stade, vous êtes toujours coloriée mais vous avez bénéficié, sur un malentendu, de trente secondes de tranquilité pour sauter dans un jean. Coloriée, mais au chaud.

Mais ça encore, c’était le meilleur moment !

Une fois les enfants couchés, follement (c’est bien le mot) rassurés par les réponses follement intelligentes (c’est bien le mot) apportées à toutes leurs questions (dis Maman, d’où vient le vent ?), me reste encore une somme folle (c’est bien le mot) de travail à abattre.

Etrange vie que j’ai choisie… Mais honnêtement : je n’en changerais pour rien au monde.

 

Retro Chic devant la Comédie Française

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