CHÂTEAU DE FONTAINEBLEAU

Haut lieu de l’Histoire de France, le château de Fontainebleau est l’une des demeures des souverains français depuis François Ier qui en fait sa demeure favorite, jusqu’à Napoléon III. Sachant que plusieurs rois laissent leur empreinte personnelle sur le château royal, celui-ci, qui témoigne des différentes périodes de l’Histoire française et que Napoléon Ier surnommait “la maison des siècles”, ressemble aujourd’hui à un composite étonnant de styles différents.

Le château se compose de styles médiéval, Renaissance, classique et Napoléon III.

Du château médiéval ne reste que le donjon.

En revanche, les éléments XIXème côtoient encore les éléments Renaissance imposés par François Ier. Séduit par la forêt giboyeuse environnante, le souverain procède dès 1528 à des aménagements spectaculaires, en faisant rebâtir à neuf le palais médiéval et en l’agrandissant en palais à l’italienne. De fait, le château devient le reflet de la volonté d’un roi amoureux des arts de créer à Fontainebleau une nouvelle Rome, où les artistes italiens viendraient exprimer leur savoir-faire. Ce qui deviendra l’École de Fontainebleau représente probablement le mouvement le plus riche de l’art Renaissance en France.

Véritable épicentre culturel, le château de Fontainebleau accueille également de nombreuses représentations musicales et de bals, et les compositeurs français qui suivent la Cour, séjournent au château. Cette tradition est en quelque sorte encore bien vivante, la chanteuse Lana Del Rey y tournant, en 2012, son clip “Born to Die”.

Les successeurs de François Ier poursuivent son œuvre : château favori d’Henri IV, Fontainebleau, en accueillant la naissance du futur Louis XIII, devient le berceau de la dynastie des Bourbons. Le jeune Louis XIV y vient régulièrement, tandis que Louis XVI et Marie-Antoinette y vivent une vie de Cour moins empesée qu’à Versailles.

Devenu palais impérial, Fontainebleau conserve l’unique Salle du Trône napoléonienne encore existante mais c’est pourtant au château que Napoléon Ier abdique et part en exil à Elbe. Napoléon III y fera revivre les fastes de l’Empire, avec l’impératrice Eugénie.

Quelques huit-cents ans d’histoire parcourent les mille-cinq-cent pièces du monumental château.

La Cour d’Honneur et l’escalier en fer à cheval, emblématique

L’aile des Minitres

Sous le règne de François Ier, l’église de l’ancien couvent des Trinitaires est reconstruite et reliée au château par l’aile de la galerie François Ier. Ce n’est que sous le règne d’Henri IV que la chapelle de la Trinité reçoit sa voûte actuelle, l’ambassadeur d’Espagne ayant fait remarquer au roi que sa maison de Fontainebleau “serait très belle si Dieu y était aussi bien logé que sa Majesté”. Son exceptionnel décor caractéristique de ce que l’on nommera plus tard la Seconde École de Fontainebleau, préfigure le style baroque et ne fut terminé qu’en 1633, sous le règne de Louis XIII. C’est dans cette imposante chapelle royale, surplombée de sa tribune dédiée au souverain que Napoléon III est baptisé en 1810 sur les genoux de Napoléon Ier.

La somptueuse salle de bal est l’une des pièces les plus remarquables de Fontainebleau. Décorée au XVIème siècle sous le règne d’Henri II, elle offre au palais une salle des fêtes permanente, dédiée aux festivités de la cour des Valois. Le riche plafond à caissons est couvert des emblèmes lunaires et de la devise du roi.

La salle des gardes comporte une imposante cheminée ouvragée.

La chambre de la duchesse d’Étampes est celle de la favorite de François Ier, Anne de Pisseleu. Elle bénéficie d’une chambre située immédiatement à proximité de celle du souverain. La plus belle des savantes dispose en outre d’un exceptionnel décor dû au Primatice qui réalise, entre 1541 et 1548, les précieuses effigies de stuc, longues et élégantes, qui scandent avec harmonie les peintures à fresque narrant les amours d’Alexandre le grand. Converti en escalier du Roi entre 1748 et 1749 par Louis XV, une partie du décor mural est alors conservé, avant d’être restauré et exhaussé, sous Louis-Philippe, d’une fausse-voûte néo-Renaissance.

La galerie de Diane est la plus longue pièce du château – 80 mètres de longueur et 6 mètres de largeur.

La Galerie François Ier relie le logis du donjon à l’église du couvent des Trinitaires et est incontestablement la salle la plus emblématique du château de Fontainebleau. Pour la première fois en France est créée une galerie de cette ampleur, mêlant dans une extraordinaire abondance, lambris de bois sculpté, putti, fruits et cartouches de stuc aux motifs de cuirs enroulés, formant un encadrement à des compartiments peints à fresque. C’est au peintre florentin Rosso Fiorentino que revient, dans les années 1530, la conception de ce décor sans réel précédent et sans véritable héritier, convoquant aussi bien le langage allégorique que les textes antiques de l’Histoire ou de la mythologie. Cette galerie a d’abord une fonction privée, le roi François Ier en conservant la clé autour du cou et y donnant accès directement depuis sa chambre. Elle ne devient un lieu public qu’avec le déplacement à la fin du XVIème siècle de la chambre du Roi.

Le boudoir d’argent de la Reine Marie-Antoinette est une merveille de délicatesse néo-classique.

Ancienne chambre à coucher des reines de France, la Chambre de l’Impératrice elle est habitée successivement par toutes les épouses des rois, de Marie de Médicis à Marie-Antoinette. Le vaste lit date de Marie-Antoinette. Le lit, séparé du reste de la salle par une balustrade en bois sculpté et doré, rappelle que cette chambre est une salle de parade où l’espace privé de la souveraine est séparé de l’espace public des courtisans. Le lit n’est livré pour la reine qu’en 1787 et Marie-Antoinette n’aura jamais eu l’occasion d’y dormir. C’est l’Impératrice Joséphine qui, après la Révolution, étrenne cette couche et fait tendre les murs de sa chambre des précieuses soieries de la fin du XVIIIème siècle.

Le Salon des Tapisseries était l’ancienne salle des gardes de la Reine, avant de devenir elle-même une antichambre. Avec l’allègement de l’étiquette au XIXème siècle, les anciennes antichambres de l’appartement perdent de leur sobriété pour devenir de riches et confortables salons de réception. Le salon des Tapisseries est entièrement remanié en 1835 sous le règne du dernier roi de Fontainebleau, Louis Philippe. Le nouveau salon fut garni de tables de familles autour desquelles se rassemblaient le Roi, la Reine et les princesses.

La Cour de la Fontaine

Le Jardin de Diane

L’étang et la Cour de la Fontaine

Château de Fontainebleau

Le 27 Mars 2026