Lorsque l’on veut organiser une séance-photo qui rend hommage au film et au livre “Frankenstein” dans un haut-lieu parisien ultra-privé, comment fait-on ?
On arrive à 8 heures du matin.
On arrive à 8 heures du matin, parce que la tranquillité du lieu est assurée et qu’en outre, je rappelle cordialement qu’on a une vie professionnelle à assurer en journée.
On arrive avec sa meilleure amie Virginie qui est historienne du costume et qui a plusieurs boutiques aux Puces.
On arrive avec des housses de vêtements et des sacs dans lesquels on pourrait facilement rentrer, dans lesquels Virginie a fourré tout ce qui lui semblait intéressant : robes, jupes, corsets, rubans, chapeau, plumes, voiles et gants en résille. Entre autres.
Après l’examen de plusieurs tenues potentielles, notre préférence va à une robe de mariée 1850, qui nous semble parfaite pour évoquer la robe de mariée absolument spectaculaire portée par le personnage incarné par Mia Goth, Elizabeth, dans le film de Guillermo del Toro, “Frankenstein”.
Il faut dire que la costumière du film, Kate Hawley, est particulièrement talentueuse et que tous les costumes du film sont tout simplement magnifiques.
La robe de mariée portée par Elizabeth rappelle la nudité première de la Créature, avec ses bandages sur le buste et sur les bras.
La robe fait écho aux bandages et à la structure squelettique de la créature. Nous l’avons construite comme lui : de l’intérieur vers l’extérieur. Cinq couches d’organza, un corsage en rubans suisses placé à l’extérieur plutôt qu’en dessous, car à ce stade du film, Elizabeth reflète davantage la créature que Victor. Les rubans autour de ses bras sont aussi un hommage subtil aux films Frankenstein (1931) et La Fiancée de Frankenstein (1935).”
Interview de Kate Hawley pour Vogue
Le résultat est magique, car, comme toute bonne costumière, Kate Hawley est cultivée et a de multiples références artistiques – et elle met en outre son talent entier au service de la vision du réalisateur du film.
Pour autant, lorsque l’on veut organiser une séance-photo qui rend hommage au film et au livre “Frankenstein” dans un haut-lieu parisien ultra-privé, comment fait-on, alors que l’on n’a ni le budget ni le temps de préparation que permet un film d’envergure internationale ?
On s’adapte, on bricole.
On tente en un premier lieu de rentrer dans une robe 1850 portée autrefois avec un corset et dont la taille étroite n’a donc rien à voir avec la taille d’une femme d’aujourd’hui.
La taille entre, mais c’est maintenant le haut du dos qui est trop étroit. Tant pis, il ne sera pas fermé, ni pris en photo – l’important était de pouvoir fermer la taille.


(En effet, le dos ne ferme pas)
Après cette première… victoire, vient l’épreuve des bandages. Virginie nous a trouvé des mètres et des mètres de ruban blanc ancien qu’elle s’emploie à lacer pendant… vingt minutes.




Dans le même temps, j’essaye, pour figurer le bijou de mariage d’Elizabeth, d’accrocher sur mon buste un gloubiboulga de broches et de chaines fait maison grâce à mes achats tout à fait aléatoires au rayon Balaboosté de mon Monoprix préféré (j’aurais d’ailleurs dû accrocher le gloubiboulga plus haut, ça m’agace en voyant les photos, mais tant pis).

Le collier de corail d’Elizabeth est plus simple à réaliser : deux colliers contemporains superposés sont embellis par une croix ancienne trouvée par Virginie – et attachée aux colliers grâce à… un élastique dentaire (je suis très peu douée de mes mains mais j’ai toujours des idées effarantes de prime abord, mais qui fonctionnent souvent).
En revanche, la croix n’arrête pas de se prendre dans le ruban et elle disparait, ou alors elle part de travers malgré Virgine qui s’emploie à la remettre à sa place (ça m’agace en voyant les photos, mais tant pis).




Nous y voilà. Nous vous donnons, avec zéro budget, seulement une semaine de préparation mais de l’enthousiasme à revendre, notre Elizabeth.




(Dodo)
Pour l’article sur “Frankenstein”, c’est par ici.
Le 30 Décembre 2025
