HÔTEL DE LA PAÏVA

L’hôtel de la Païva est un hôtel particulier parisien construit entre 1856 et 1866 sur l’avenue des Champs-Elysées. Sa propriétaire était la fantasque et scandaleuse courtisane Esther Lachman, autrement connue sous le nom furieusement exotique de « La Païva ».

Esther était pourtant née pauvre dans le ghetto de Moscou. Mais la légende veut qu’encore jeune et pauvre, elle ait décidé de construire un hôtel particulier à l’endroit même où un client pressé l’eut poussée hors de la voiture qu’elle occupait, lui occasionnant quelques légères blessures, la plus importante étant celle infligée à son amour-propre.

Grâce à sa belle carrière de courtisane et deux mariages particulièrement lucratifs, elle devint en mesure de présider à l’érection (ah !) de cet hôtel particulier qu’elle s’était promis. Le résultat en fut décadent, et les fêtes données, tout autant décadentes.

Las! Suspectée d’espionnage, la Païva dut quitter Paris en 1882 et s’exiler avec son mari en Silésie, où elle mourut en 1884.

Depuis 1904, l’hôtel de la Païva est un club privé, le Travellers Club, ouvert à la gente masculine uniquement, jusqu’à récemment.

L’hôtel de la Païva est surtout réputé pour son escalier, tout d’onyx paré. la légende, elle encore, veut que sa construction ait été inspirée par une pièce de François Ponsard (elle-même inspirée de Racine), et l’une de ses lignes : « ainsi que la vertu, le vice a ses degrés ».

Quelle belle lucidité, de la part d’une courtisane, vraiment.