LA MARINIÈRE

La marinière… On peut remercier Gabrielle Chanel pour cette brillante addition à notre dressing féminin.

Indémodable, pratique et neutre, la marinière répond – à mes yeux – aux mêmes qualités qu’une paire de jean.

Car on ne va pas se mentir : dès que j’en ai l’occasion, je saute sur mon jean et mes ballerines.

On ne va pas se mentir sur un autre point : mon ado chérie adorerait faire un feu de joie avec cette marinière qui a trop vécu et qu’elle a trop vu. Je soupçonne ma nounou, qui nourrit les mêmes sentiments, d’avoir fait exprès de la laver en machine à température élevée, pour lui assurer un sort néfaste et que je la lâche enfin (peine perdue, comme vous pouvez le constater).

Dans le feu de joie, elle inclurait volontiers mes ballerines, qui, à force d’être portées, sont absolument défoncées. Mais c’est justement pour cela que je les aime, car elles ont acquis la souplesse du vrai chausson de danse, qui permet de faire des demi-pointes un peu partout (ce que je fais régulièrement à la maison, dans l’escalier, dans la rue. Non, ne demandez pas).

Lors de ce feu de joie, elle inviterait – je le sais – deux/trois personnes du quartier. Notamment les barristas du Starbucks où je vais régulièrement (car je bois une quantité infinie de cafe latte), et qui peuvent me voir passer deux fois dans la même journée, habillée en avocat d’affaires puis vêtue de l’infâme marinière-serpillière.

Au début, incompréhension totale.

Puis, ils ont compris. A force de me voir arriver avec deux enfants en folie le weekend, qui démontent systématiquement la boutique en moins de temps qu’il n’en faut pour commander un donut, ils ont compris.

Ils ont compris que, lorsque je viens m’échouer seule à leur terrasse, c’est mon moment de décompression (qui est aussi vestimentaire, donc) pendant lequel je peux écouter ma musique (et non pas “Libéréeeeee Délivréeeeee” pour la centième fois), profiter de mon Ipad (sans qu’un dictateur de 6 ans me le demande, sous prétexte qu’il est urgent de jouer à Angry Birds), siffler (ma grande activité que je pratique sans même m’en rendre compte, même au cabinet) et papoter avec les gens du quartier sans être interrompue quinze fois en une minute (parfois je n’ai pas du tout envie de papoter, et j’ai l’air très méchant).

Car on a une vraie vie de quartier dans le 8ème arrondissement. On a des barristas-photographes, des restaurateurs-cartomanciens, des galeristes aussi réputés qu’adorables et un très beau parc, que voici, que voilà.

 

Marinière Petit Bateau – Jean JCrew – Ballerines Kenzo – Chapeau Authentic Panama – Sac Fendi – Lunettes de soleil Chanel

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